Des extensions sont dores et déjà programmées de part et d'autre de cette première ligne de métro qui doublerait ainsi de longueur. Pour l'instant, faute de couloirs réservés, les bus urbains brinquebalants, exploités par une régie et une cohorte de transporteurs privés, sont englués dans les embouteillages. Seuls les téléphériques tirent leur câble du jeu.

Aux couleurs de la ville - azur et blanc, extra-large (6 voyageurs au m2 comme dans un RER), le métro tant attendu va t-il redonner du souffle à Alger qui a bien du mal à conserver la blancheur de ses façades néo-mauresques ?
Selon le contrat conclu par la RATP, il doit pouvoir transporter 250 000 voyageurs par heure en période de pointe (7h-11h et 16h-19h). Les pouvoirs publics algériens n'avancent aucun objectif de gain de parts de marché pour les transports publics grâce au métro, mais tout ce qui sera pris sur l'automobile sera bon à prendre...

"Le métro, les Algérois n'y croyaient plus. Depuis trente ans, ils ont vu défiler des entreprises allemandes, espagnoles, brésiliennes, algériennes etc., ils ne savent pas si cette fois, c'est la bonne. Ils y croieront quand ils le verront rouler", commente Pascal Garret, directeur de RATP El Djazaïr, filiale de RATP Dev (600 millions d'euros de CA en 2011 dont un tiers à l'international), bras armé de la Régie qui compte faire du métro d'Alger sa vitrine au Maghreb.
Celui qui dirigeait la ligne 11 du métro parisien a traversé la Méditerranée en 2010 pour mener à bien le contrat d'exploitation et de maintenance remporté en 2007 à l'issue d'un énième et dernier appel d'offres organisé par EMA, l'Entreprise du métro d'Alger qui dépend du ministère des Transports.

Il a dû réembaucher les 400 ingénieurs et conducteurs (majoritairement des Algériens formés par la RATP) mis au chômage technique en 2009, le temps que Vinci et Siemens France (les deux autres entreprises membres du groupement en charge de la réalisation du projet) remettent les installations de sécurité aux normes. Ultime péripétie.


Appel d'offres taillé sur mesure pour les Français

Le matériel roulant, lui, est d'origine espagnol, construit par CAF. Alstom était sur les rangs mais n'a pas réussi à vendre son métro. Pourtant "les appels d'offres étaient réservés aux entreprises de langue française dans le cadre d'un accord politique (avec le gouvernement français ndlr)", a confié le ministre des Transports alégerien, lors d'une rencontre avec des journalistes.

Le constructeur tricolore a toutefois placé son tramway à Alger. Il roule sur une portion de ligne depuis mai 2011 avec des agents de la régie des transports d'Alger aux manettes, en attendant son "vrai" exploitant suite à plusieurs appels d'offres infructueux qui ont vu Veolia, Keolis et la RATP s'affronter.
Selon nos informations, la Régie pourrait une nouvelle fois remporter la mise, dans le cadre d'un marché de gré à gré.

Nathalie Arensonas