Les 300 000 visiteurs attendus pendant la Coupe du monde de footbal du 11 juin au 11 juillet 2010 vont pouvoir voyager dans des wagons ultra-modernes à bord du "Gautrain", réference à la province du Gauteng abritant Johannesbourg et Pretoria, toutes deux reliées par ce train, premier du genre sur le continent africain.
Ils pourront quitter l'aéroport international OR Tambo à bord du train capable d'effectuer des pointes à 160 kilomètres/heure.

Les constructeurs (les rames sont fabriquées par Bombardier) ont mis les bouchées doubles pour livrer ce premier tronçon avant le coup d'envoi du Mondial, et rattraper les retards causés par des grèves, des problèmes géologiques et des terrains livrés en retard par les autorités.
C'est RATP Dev, filiale du groupe français RATP qui va assurer l'exploitation de la ligne pendant 15 ans.


Le quart du prix d'un taxi


Pour 100 rands (environ 10 euros, le quart du prix d'un taxi), et en douze minutes, ils parcourront 15 kilomètres, jusqu'au quartier des affaires de Sandton. En voiture, aux heures de pointe, le trajet dure plus d'une heure.

Le Gautrain n'est pas spécialement un projet Mondial : il ne dessert pas les stades. Les travaux d'un coût de 25 milliards de rands (2,5 milliards d'euros) ont commencé en septembre 2006 sous l'égide du consortium international Bombela, qui regroupe le Français Bouygues, le Canadien Bombardier et deux partenaires sud-africains.
A la mi-2011, quand l'intégralité du réseau sera ouvert au public, il ne faudra plus que 42 minutes pour parcourir les 80 kilomètres entre Johannesburg et Pretoria. Son rôle est de décongestionner le trafic au sein de la métropole.

Pour attirer les Sud-Africains une fois les touristes venus poru le Mondial repartis, les autorités ont concocté des prix sur-mesure. Le trajet aéroport-Sandton est relativement cher pour l'Afrique du Sud parce que ses wagons plus luxueux seront utilisés par les touristes et les hommes d'affaires. Mais le tronçon Sandton-Pretoria ne devrait coûter que 35 rands (3,5 euros), à peine plus que le trajet en taxi collectif.



Quid de la sécurité à bord ?


Point crucial : la sécurité. Dans un pays qui compte une cinquantaine d'homicides par jour, Bombela a multiplié les garanties (caméras, système d'alarme, 400 agents de sécurité, 50 policiers...) pour rassurer les utilisateurs.
La RATP estime à 16 000 le nombre de passagers par jour et vise les sud-Africains ayant un revenu mensuel brut compris entre 8 000 à 20 000 rands (800 à 2000 euros).

A terme, les autorités espèrent utiliser le Gautrain comme ossature d'un futur réseau de transports publics, négligé par l'ancien régime d'apartheid pour tenir Noirs et Blancs à distance.

(avec AFP)