Quand il était chef de cabinet de Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l'Education nationale, Bruno Gazeau lançait le bac Pro et les trains "Vive l'école". Un quart de siècle plus tard, il est décoré par l'ancien président de la SNCF, Louis Gallois, qui lui a remis le 28 novembre 2011, les insignes de la Légion d'honneur. Pour l'ensemble de sa carrière dédiée au service public "sans jamais avoir été fonctionnaire", a rappelé l'actuel patron d'EADS.

Amoureux des sommets, Savoyard d'adoption, Bruno Gazeau a rencontré le trublion de la gauche à Belfort en 1977, à son retour des Etats-Unis, après un diplôme de l'Essec. Il a fait ses premières armes sur le Territoire (qui s'apprête d'ailleurs à accueillir le TGV Rhin-Rhône) et mis sur pied le réseau des transports publics de la ville qui sera délégué à une certaine entreprise Transxel, l'ancêtre de Keolis. C'était les prémices de la décentralisation, les communes cherchaient à déléguer leurs services marchands.
D'entrée, le financement du réseau a été financé par le versement transport, "ce qui m'a valu un conflit avec le patronat local", raconte-t-il. Le Conseil d'Etat a finalement donné raison à la ville.

"Habile négociateur, tu avances, tu grimpes, tu as une idée précise de là où tu veux aller", à décrit Louis Gallois rencontré en 1981 au cabinet de Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de la Recherche. Le premier fait d'armes de Bruno Bazeau à l'Union des transports publics et ferroviaire (UTP) dont il est délégué général depuis 2005, a été l'accord sur le service minimum.
Prudemment, après cinq ans de négociations, il va arriver à bout de la convention collective des salariés privés du fret ferroviaire. Saura t-il trouvé la bonne prise pour négocier le statut unique du cheminot, l'un des passages les plus délicats de l'ouverture des lignes voyageurs à la concurrence ?

Nathalie Arensonas