On se bousculait le 5 décembre au matin près de la Place du Châtelet à Paris, pour l'inauguration officielle d'Autolib', la version voitures électriques du système Velib'.
L'événement dépassait le territoire francilien, les journalistes étaient venus du monde entier : qui interviewait le maire de Paris en anglais, qui avec un accent québecois. Même les écrans installés sous la tente inaugurale passaient en boucle les actualités de la TV japonaise annonçant l'événement francilien.

Pour que Paris soit bien la vitrine internationale de Bolloré, Morald Chibout, directeur général commercial marketing et communication d'Autolib', a évoqué les centaines d'emails de touristes américains, chinois et japonais désireux de connaitre le système de voitures électriques en libre-service pour mieux l'utiliser.

Vincent Bolloré, dont le groupe a décroché la délégation de service public, a fait un discours aux accents lyriques : "Imaginez une ville sans les bruits du trafic automobile, sans les odeurs et où l'on pourrait entendre de nouveau le chant des oiseaux....", s'est-il emballé, entouré du maire PS de Paris Bertrand Delanoë et de Jean-Paul Huchon, président socialiste du conseil régional d'Ile-de-France, à peine revenu de son périple en RER A avec le président de la République (lire l'article "Nicolas Sarkozy en RER de campagne"). "Avec ces élus, vous avez une chance de changer la ville !", a même conclu l'ami de Nicolas Sarkozy.


Voiture en commun

Le maire de Paris a mis l'accent sur le choix du système : "Je ne suis pas contre la voiture, surtout si plusieurs personnes en utilisent un seul véhicule. Et il vaut mieux offrir du stationnement à une voiture mise en commun qu'à une voiture particulière", a-t-il lâché, taclant au passage l'un des arguments des écologistes farouchement hostiles au projet qui craignent qu'Autolib' aggrave la congestion urbaine. Ils estiment que le service va réorienter vers l'automobile ceux qui avaient choisi les transports en commun", et que le choix de moteurs électriques conforte l'énergie nucléaire.

Bertrand Delanoë s'est tout de même félicité de l'ouverture des places de stationnement en sous-sol : "on a même fait brûler une voiture pour démontrer que la nouvelle pile lithium n'est pas dangereuse", glisse-t-il aux journalistes.
"Velib', Autolib', libre comme l'air,  j'ai tenu au mot liberté qui évoque la complémentarité et le choix pour le système de transport le plus adapté à chacun". "L'électricité n'est pas propre ? Mais si on fait ça avec du solaire, je vote pour !"


En temps et en heure


Vincent Bolloré n'a de son côté pas manqué de se féliciter de la ponctualité du système sorti en temps et en heure. Il a insisté sur la "réussite d'un pari technique complexe", et d'un pari organisationnel qui ne l'est pas moins. Aux incrédules, il a lancé : "Velib', on n'y croyait pas quand il a été inauguré il y a quatre ans", évoquant ensuite la réussite planétaire du système. Espérant sans doute qu'Autolib' connaîtra le même succès.

Où en sont les tractations avec les mairies de Rio et de Manchester ? L'industriel sourit mytérieusement, se contentant d'indiquer : "Les maires des grandes villes nous regardent." Et souffle deux mots à l'oreille du maire de Paris, en train de s'éloigner. Celui-ci retourne au micro : "Au fait, j'oubliais : je déclare ouvert le service beau, innovant, intéressant... Autolib".

Eric Simon