Le covoiturage, ça marche bien pour partir en vacances, aller voir sa grand-mère, rejoindre ses copains, mais  "pour les trajets domicile-travail, la vraie inquiétude du passager est de savoir s'il va pouvoir rentrer chez lui le soir", estime Benoît Reynaud-Lacroze spécialiste des déplacements chez Ville Fluide, développeur d'un système et de l'application de covoiturage sur smartphone, Géocar.
Autres freins, le manque de temps pour organiser la recherche de covoitureur, ou encore le partage des frais.

L'entreprise spécialisée en mobilité partagée, créée en 2008, a séduit un grand groupe français de services - lequel ne souhaite pas encore révéler son nom. Il a acheté le système Géocar pour son personnel du site de Vélizy (Yvelines) où travaillent près de 2 000 personnes. Après une phase pilote en 2011 avec des salariés volontaires, le lancement en exploitation commerciale de ce nouveau service de covoiturage débute lundi 16 janvier. Quelques dizaines d'employés tentent le pari. 


Grappes. Où réside la nouveauté ? Ajoutée à la prestation de base de mise en relation entre covoitureurs, Geocar organise - et c'est le plus mis en avant - la gestion d'une "grappe": comprenez les personnes susceptibles d'être associées autour d'un même axe de déplacement et d'une même destination. La question est d'obtenir une masse critique d'utilisateurs pour faire boule de neige et permettre à chacun de trouver une solution au pied levé.

Pour fonctionner, ce service basé sur la géolocalisation en temps réel suppose que le covoitureur possède un  smartphone. Sinon, Ville Fluide en fournit un (recyclé ou de fin de série) équipé d'un GPS et d'une carte SIM Data personnalisée avec l'application Géocar.
Et si le salarié possède un smartphone Android équipé d'un GPS et d'un abonnement internet, il lui suffit de (elle n'est pas encore développée pour l'iPhone).


Modèle économique. La prestation de service est facturée aux entreprises qui achètent le service Géocar pour leurs salariés. Ville Fluide encaisse aussi l'abonnement mensuel de chaque salarié utilisateur (15 euros par mois, 10 euros pour ceux déjà équipés d'un smartphone). Cet abonnement - c'est le cas dans l'exemple de Velizy  - peut être pris en charge à 50% par l'entreprise, comme un abonnement de transport collectif.
La facture mensuelle indique le détail des kilomètres parcourus, par conducteur ou avec chaque passager.

Chaque covoitureur reçoit en fin de mois son relevé de déplacements par email, facturés 0,11 euro par kilomètre parcouru et par passager transporté. Ce tarif sera le même pour toutes les entreprises.
Les transactions entre passagers et conducteurs sont calculées par Ville Fluide et les établissements bancaires assurent les compensations. Autrement dit, pas de compte d'apothicaires entre covoitureurs.

Après avoir accroché un premier groupe industriel, Géocar va maintenant devoir faire ses preuves. Deux autres entreprises basées à Vélizy sont en négociation avec Ville Fluide et pourraient elles aussi proposer cette solution de covoiturage à leurs salariés.

Marc Fressoz