Une véritable politique nationale du vélo pour ne plus vivre sur le "tout automobile" aura des effets bénéfiques sur la relance de l'économie et la santé, affirme le Club des villes et territoires cyclables, qui adresse dix propositions aux candidats à l'élection présidentielle.

Actuellement, "la politique du vélo en France est le fait quasiment exclusif des collectivités locales", a souligné le 10 janvier 2011 Jean-Marie Darmian, maire PS de Créon (Gironde) et président du Club qui regroupe plus de 200 collectivités locales représentant 42 millions d'habitants.

Avec quelques grands succès comme Lorient, où 96% des voies sont aménagées pour les cyclistes, ou Strasbourg (35%), l'association déplore l'absence de mesures de l'Etat en faveur d'une mobilité douce.

Le gouvernement va annoncer le 26 janvier un plan national vélo (auquel a participé le club et les autres associations de défense du vélo) et les "villes cyclables" souhaitent "enfin des actions concrètes".
"Nous n'y croyons pas trop, en ne nommant pas de délégué interministériel chargé de la politique vélo, mais un simple coordinateur, sans véritable moyens, ni structure de mission, le gouvernement a envoyé un mauvais signal", regrette Véronique Michaud, secrétaire générale du Club des villes cyclables.


Les pistes à mettre en œuvre par l'Etat selon le Club : 
  • une indemnité kimométrique de 0,21 euro/km pour les salariés se rendant au travail en vélo (comme en Belgique)
  • affecter 10% des investissements en faveur des chantiers des routes et autoroutes au profit des déplacements alternatifs. "Cette mesure ne peut être mise en place que par l'Etat pour soutenir ce que les collectivités locales ont déjà réalisé sur leurs budgets en termes de pistes cyclables, aménagement de zones de rencontres, zones à 30 km/h et places de stationnement pour les vélos", insiste Jean-Marie Darmian.
  • des mesures fiscales en faveur des entreprises développant une politique vélo.
  • deux campagnes pour favoriser le vélo auprès des salariés, l'une sur les bienfaits du vélos pour la santé, l'autre sur le "vélo-citoyen".
Des vélos en livre-service pour les élèves

"Une demi-heure de vélo quotidienne économise 1 000 euros par an de frais à la Sécurité sociale, selon les calculs du Club. Lors de la récente campagne sur l'obésité des enfants, "on a parlé de la taille des frites à la cantine mais pas un mot sur le trajet domicile-école", regrette Jean-Marie Darmian.
Dans sa commune girondine, le maire va instaurer prochainement un système de vélos en libre-service scolaire pour les élèves. On imagine que les distributeurs de sodas (surtaxés depuis le 1er janvier dans le plan de lutte du gouvernement contre l'obésité) ont déjà été démontés dans les écoles

Nathalie Arensonas