Vingt millions de véhicules circulent chaque jour dans ces zones peu desservies par les transports publics, générant 40 millions de tonnes de CO2 (soit 8% des émissions totales de gaz à effet de serre en France), relève le Centre d'analyse stratégique (CAS).

Cette dépendance à l'automobile pèse surtout sur les budgets des foyers les plus modestes."Ces populations étant majoritairement équipées de véhicules d'occasion, leur budget automobile (en moyenne 12,3% de leur budget annuel) est principalement constitué par l'achat de carburant", explique le CAS, pour qui une hausse du prix des carburants "viendrait fragiliser leur situation financière".


Pôle médical

Le groupe de travail du CAS dirigé par Olivier Paul-Dubois-Taine, a retenu plusieurs expériences pour limiter cette dépendance, inspirées d'initiatives locales mises en place par des collectivités, des entreprises ou des associations.

Parmi les expériences retenues, celle de la communauté de communes de Monein (Pyrénées-Atlantiques) où 27 professionnels de santé (médecins généralistes, infirmières, dentistes, etc.) se sont regroupés au sein d'un "pôle médical" afin que les patients disposent de l'ensemble des prestations en un même lieu.

Autre exemple, la centrale de mobilité Sismo (système intégré des services à la mobilité dans l'Oise) et qui permet à l'usager, via internet, de connaître les horaires des différents modes de transports dans son département (train, bus, car, covoiturage...), les tarifs, les points d'arrêt, ou les correspondances.
Depuis septembre 2011, une carte à puce complète le dispositif en permettant d'utiliser tous ces modes de transport avec un seul ticket intermodal.


Covoiturage, autopartage

Le covoiturage est également un procédé à développer selon le CAS qui donne l'exemple des Côtes-d'Armor, où un site internet regroupe et met en relation 2 000 personnes (conducteurs et passagers) se déplaçant dans une même direction et désireux de partager un véhicule.

L'autopartage aussi ("location" de voitures entre particuliers) peut lui aussi être adapté aux territoires peu denses, estime le Centre qui évoque les sites , ou (il en existe d'autres comme par exemple, )
Ces expériences pourraient, si elles étaient multipliées, proposer des solutions aux personnes qui n'ont pas accès à l'automobile, "une meilleure résistance des territoires aux risques de crises", et des réductions de l'ordre de 30% des émissions de C02 des automobiles dans ces zones, estime le CAS.


Transport à la demande sur lignes régulières d'autobus

Du côté des opérateurs de transports collectifs, la desserte des zones d'activités ou d'habitat périurbains est problématique : "C'est l'un des maillons faibles de notre métier, reconnaissait Eric Chareyron, directeur stratégie marketing de Keolis (filiale transport public de la SNCF), en présentant le 8 février les résultats de "Keoscopie", une étude pluriannuelle qui dissèque les habitudes et attentes des Français pour leurs déplacements.
"La génération des seniors a basculé massivement vers la voiture, le défi aujourd'hui est de convaincre les jeunes habitants des lointaines banlieues qui ne sont pas encore motorisés de prendre les transports collectifs. Nous avons une fenêtre de tir, il ne faut pas la rater", ajoute celui qui a impulsé l'idée du transport à la demande zonal chez Keolis.

De quoi s'agit-il ? Si le transport à la demande sur réservation téléphonique on par internet existe depuis longtemps, l'innovation c'est de pouvoir composer des trajets en bus, selon la demande des passagers. Les lignes sont régulières, les départs sont garantis, mais les itinéraires sont variables.
Ces lignes baptisées "Flexo" existent à Bordeaux, Nevers, Aix-les Bains ou Caen, par exemple. Le conducteur adapte son itinéraire en fonction des desiderata des voyageurs. Une sorte de taxibus à la demande.

Nathalie Arensonas