Les bons résultats opérationnels de la SNCF publiés fin janvier 2012 (lire notre précédent article) auraient dû flatter le résultat net de la compagnie ferroviaire. Et pourtant, il recule de 82%, à 125 millions, contre 697 millions en 2011.
En cause, les 840 millions de dépréciations d'actifs, dont 700 millions pour les TGV, certaines rames devenant trop vieilles et chères à entretenir. Avec près de 500 rames, les TGV pèsent lourdement sur le montant des péages de circulation payés à Réseau ferré de France (RFF), a expliqué à l'AFP Guillaume Pepy lors de la présentation annuels du groupe.

Ces péages devraient être plus modérés à en croire Réseau ferré de France (lire notre article), ce qui va inciter la SNCF à reprendre ses achats auprès d'Alstom, alors qu'elles étaient gelées juqu'en 2015. La compagnie ferroviaire vient de commander 40 nouvelles rames.


Baisse de la dette

En lot de consolation, la baisse de 170 millions de la dette de la SNCF (la première fois depuis 2007), ce qui la porte à 8,32 milliards d'euros, alors que les investissements sur fonds propres augmentent de 238 millions par rapport à 2010 (près de 2,4 milliards).

Indicateur privilégié par la direction, "la marge opérationnelle progresse, grâce aux effets de la stratégie de redressement conduite depuis le début de la crise, selon Guillaume Pepy. "Tout n'est pas encore réglé pour atteindre un niveau de profitabilité satisfaisant dans chaque branche", a cependant reconnu le président de la compagnie ferroviaire.
Il a pointé du doigt la gourmandise, jugée excessive en liquidités, du transport de marchandises en France et les fameux actifs TGV qui ont dû être dépréciés pour tenir compte du "surdimensionnement" de la flotte.


Résultats par branche

La branche Voyages (TGV français et international), malgré "l'impact des travaux sur le réseau et une conjoncture peu porteuse", a enregistré en 2011 une hausse de 5,4% de son chiffre d'affaires à 7,2 milliards d'euros, tiré notamment par une croissance de 3,6% du nombre de voyageurs.

La branche Proximités (TER, Transilien, Intercités) enregistre la plus forte hausse d'activité à 12,3 milliards d'euros (+10,1%).

Les "trains d'équilibre du territoires" (TET) "représentent près d'un quart de la croissance" de la branche, tirant profit de la convention signée en 2010 qui prévoit une contribution de l'Etat à hauteur de 210 millions d'euros pour soutenir 40 lignes déficitaires.

SNCF Infra voit sa marge opérationnelle bondir de 68%, bénéficiant de la nouvelle convention en vertu de laquelle RFF lui a versé 2,1 milliards d'euros en 2011 pour couvrir ses charges d'entretien du réseau.

Le chiffre d’affaires de Gares & connexions en progression de +2,9% à 1,166 milliard, provient pour deux tiers de redevances d’accès aux gares payées par les transporteurs. En 2011, elles ont progressé de 4,5%. Les redevances tirées des revenus des commerces en gares augmentent de 6%.

L'activité de fret et de logistique, regroupée dans la filiale Geodis, a enregistré une hausse de son chiffre d'affaires de 6% à 9,4 milliards d'euros grâce à plusieurs opérations de croissance externe en 2010 (Giraud International, Ciblex et Bertola).

Nathalie Arensonas (avec AFP)