Guillaume Pepy, président de la SNCF, l'avait déclaré dans une interview au journal Le Monde, le 23 mars. Il l'avait confirmé ensuite à Mobilicités le 27 mars lors du lancement de la "Garantie voyage", s'étonnant même que l'on puisse en douter : le contrat quadriennal, liant sa filiale Transilien au Syndicat des transports d'Ile-de-France, serait signé le 11 avril, date du conseil d'administration de la SNCF.

Pourtant, le 30 mars, en fin de journée, la société nationale indiquait dans un communiqué que "Les conditions ne sont pas remplies pour présenter ce texte à son conseil (...) et souhaite que les négociations se poursuivent pour finaliser cet accord majeur" avec le gestionnaires des transports publics de la région capitale.

  
Blocage sur les péages

Réagissant à cette annonce, Jean-Paul Huchon, président de la Région et du Stif a assuré qu'il "continuait à discuter avec la SNCF". "Actuellement il n'y a pas eu d'accord complet mais ça ne saurait ne pas venir. On leur donne (dans ce contrat) 6 milliards d'euros, ils avaient 1,5 milliard par an, et cette fois-ci, nous leur donnons 1,7 milliard, soit 200 millions de plus", a déclaré à l'AFP Jean-Paul Huchon.

Selon le patron du Stif et Pierre Serne, vice-président EELV du Stif, les discussions ont achoppé sur les "questions de prise en compte des péages de RFF". "Les péages de RFF sont fixés par RFF et pris en charge par la SNCF qui ne veut pas être dépendant, et veut le faire assumer par le Stif", a expliqué J.P Huchon, qui "ne peut pas" assumer ce coût.


Des performances "un peu meilleures"

"On est allés au bout du bout de ce que le Stif peut absorber financièrement. Ils nous en demandent plus et en voulaient encore plus. On a pensé qu'ils allaient revenir à des choses plus raisonnables" a confié de son côté à l'AFP Pierre Serne.

Selon le président PS de la région, "on exige d'eux (la SNCF) des performances un peu meilleures, parce que ça n'a pas été extraordinaire pour les usagers". "Pour les usagers, c'est un très bon contrat, il sera sûrement approuvé par l'unanimité du Stif, tous courants confondus", a insisté J.P Huchon. "Il faut qu'ils réfléchissent, ils ont encore du temps" (jusqu'au 11 avril), a-t-il poursuivi, "surpris" par l'annonce de la SNCF "parce que je m'étais mis d'accord avec Guillaume Pepy".


Travaux et qualité de service

Pour rappel, la RATP a signé son contrat 2012-2016 avec le Stif le 16 mars 2012 (lire). Un texte très exigeant, prenant beaucoup plus en compte que les précédents les éléments de qualité de service que sont la ponctualité et la régularité des trains.
En privé, certains responsables de la SNCF déploraient d'ailleurs que la RATP ait lâché trop de lest en matière de bonus-malus. Il faut dire que les prochaines années vont être difficiles pour les équipes de Transilien qui vont être confrontées à d'importants travaux sur le réseau (lire) qui devraient impacter fortement les circulations des trains et, bien-sûr, la qualité de service.
Dans les faits, depuis le 1er janvier 2012, aucun contrat signé ne lie les relations entre la SNCF et l'autorité organistraice des transports d'Ile-de-France.

Robert Viennet (avec AFP)