"Tous nos efforts ont porté en 2011 sur la modernisation de nos réseaux auxquels nous avons consacré 1,5 milliard d'euros, et rien ne nous fera dévier de cette trajectoire", a déclaré le pdg de la RATP, Pierre Mongin, en présentant les résultats annuels.

Le groupe enregistre un chiffre d'affaires de près de 5 milliards d'euros, en progression de 9% (voir le détail des résultats financiers dans l'encadré ci-dessous) et poursuit sa poussée de trafic avec 52 millions de voyages supplémentaires. Ce qui porte la fréquentation des lignes RATP à 3,1 milliards de voyages, "malgré un contexte économique difficile au second semestre 2011 et après une année 2010 qui avait déjà enregistré une hausse de fréquentation de 1,3%", souligne le patron de la Régie.
En période de crise et surtout avec la hausse du prix du carburant, les Franciliens semblent donc se rabattre sur les transports collectifs. Autre élément d'explication avancé par l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP), la forte activité de congrès en 2011 dans la capitale.


Le RER tire le trafic

Cela dit, c'est le RER qui enregistre la plus forte progression de trafic en 2011 à +2,7%, comme si les habitants de la petite et grande couronne parisienne avaient un peu lâché le volant de leur voiture. Le trafic du métro ne progresse "que" de 1,2%, celui des bus et tramways de 2,1%.

Le gros des investissements a été réalisé en faveur du réseau RER, "grâce au soutien du Stif, le Syndicat des transports d'Ile-de-France qui gère et finance 45% du budget de la RATP", n'omet pas de rappeler Pierre Mongin. Dans le contrat 2008-2011, le Stif avait en effet dégagé plus de 4 milliards d'investissement, la RATP 5 milliards. Dans celui qui vient d'être signé pour 2012-2015, l'enveloppe atteint 6,5 milliards et demi.

En 2011, la plupart du budget d'investissement de la RATP (1,5 milliard) a été consacré au renouvellement des rames du RER A avec la mise sur les rails des trains à deux niveaux M109 (lire), des rames rénovées sur le RER B (lire), les premiers métros automatiques de la ligne 1 (lire), l'extension de la ligne 8 (Créteil Pointe du lac) et enfin, la création de la ligne de bus 393 à haut niveau de servce 393 (Créteil Pompadour-Sucy Bonneuil).


5 milliards d'investissement, 5 milliards de dette


Entre 2008 et 2011, la RATP aura investi 5 milliards d'euros pour moderniser le réseau, ce qui creuse sa dette à plus de 5 milliards d'euros, "180 millions de moins que l'objectif cible pour démarrer 2012", précise la RATP dans son communiqué. "La capacité d'autofinancement du groupe ayant connu une progression exceptionnelle de 24 en 2011 à 847 millions", peut-on aussi lire.

Pour 2012, l'objectif est fixé à 1,6 milliard d'investissements, principalement consacrés au prolongement des lignes 4 et 12 du métro, des lignes T1, T2, T3 du tramway, à la mise en service du T5 (Saint-Denis-Garges-Sarcelles), ainsi qu'à l'achat de 200 bus neufs.
Le reste servira à entretenir et moderniser l'existant : nouveau matériel roulant pour la ligne 5 et 9 du métro, métros automatiques de la ligne 1, déploiement des rames à deux niveaux sur RER A, et les nouvelles rames du RER B. Près de 330 millions doivent être dépensés pour rénover les stations de métro et réorganiser le pôle multimodal de Chatelet-les-Halles.

La Régie qui a signé mi-mars 2012 un nouveau contrat avec le Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif), très exigeant sur la ponctualté et la régularité des métros et RER ne va pas ménager ses efforts pour ne pas voir tomber le couperet des malus (lire).


Nathalie Arensonas