Réaliser des premières mondiales, les ingénieurs de la RATP y sont habitués, mais là, la barre avait été placée haut. Il s’agissait d’injecter progressivement des navettes automatiques sur la ligne 1, la plus ancienne du réseau de métro parisien et l'une des plus fréquentées, sans interrompre le service et en retirant progressivement les rames avec conducteur.

"La première semaine a été la plus difficile, explique Gérald Churchill, directeur de l'opération d'automatisation de cette ligne. comme nous n’avons pas pu effectuer de marche à blanc (faire rouler des rames sans passagers, ndlr), nous avons eu quelques soucis qui ont impacté la régularité de la ligne, mais les choses sont peu à peu rentrées dans l’ordre.
Les premiers jours, le taux de rames à l’heure en pointe était tombé à 72%. Il est remonté progressivement pour atteindre aujourd’hui 92 % ce qui est un taux normal pour une ligne avec conducteurs. "Nous avons même connu une semaine exceptionnelle avec 96 % de taux de fiabilitée".

 

100% automatique fin 2012

Une "exception" qui deviendra une normalité quand la ligne 1 sera entièrement automatisée. La régularité étant en effet une des qualités de l’automatisme intégral. L’autre qualité est la possibilité d’adapter instantanément la capacité de transport en cas d’affluence soudaine et d’offrir en heures creuses la possibilité de réaliser plus de 200% du service prévu.
"En heure de pointe, nous pourrons augmenter la capacité de transport de 25% grace à un passage à 90 secondes de l’intervalle entre les rames" précise Gérald Churchill.

Aujourd’hui, sur les 49 rames circulant sur la ligne, 24 sont automatiques. Depuis le 10 mai  2012, elles suffisent pour effectuer l’intégralité du trafic du soir, à partir de 21h. La prochaine étape aura lieu à l'été, quand la ligne sera en exploitation automatique le week-end. Avec deux à trois rames livrées par mois, la ligne sera entièrement automatique à la fin 2012.

Rappelons que les rames avec conducteurs qui sont progressivement retirées de la ligne 1 migrent vers la ligne 4 pour remplacer des rames MP59, 50 ans au compteur.

Robert Viennet