"Pour mettre en place une politique vélo dans la ville, il faut d’abord sécuriser l’environnement, proposer des sites propres aux cyclistes ou encore développer des zones apaisées (zone 30 km) pour réduire le différentiel de vitesse entre les voitures et les vélos", explique un porte-parole du Club des Villes et des territoires cyclables.

Un gros travail de voierie, des investissements et surtout, beaucoup de pugnacité de la part des élus pour faire avancer l’idée.
"On a amené la ville vers le vélo", explique Gaspar Masson, conseiller municipal de Versailles, délégué aux modes doux. Mais reconnait-il, les projets de développement du vélo n’ont pas été acceptés financièrement, et encore moins sur un plan politique.

Qui plus est, Versailles n’a pas encore adopté une logique de complémentarité des modes de transports. Bref, entre les élus, les trois gares SNCF, les sites touristiques comme le Château de Versailles, ça fait beaucoup d’intervenants à convaincre. 

Une maison du vélo à la gare de Chartres

A Chartres, Isabelle Mesnard, adjointe au maire pour le cadre de vie, se souvient : "De 2005 à 2008, il m’a fallu convaincre d’abord les élus puis les services techniques, avant que le maire, Jean-Pierre Gorges, ne me nomme adjointe".
Aujourd’hui, Isabelle Mesnard prépare le chantier de rénovation de la gare, qui aura une Maison du Vélo, véritable showroom de 180 m2 permettant de louer, réparer ou garer son vélo avant de prendre le train.
Et dès septembre 2012, des vélos seront mis en place dans la gare de Chartres Métropole. L'élue compte beaucoup sur l’innovation pour faire adopter ce projet, et est à la recherche de structures sécurisées de stationnement et de systèmes de bornes libre-service de vélos.


Stationnement sécurisé, le nerf de la guerre

Car l’innovation semble bien le moteur du vélo urbain comme l’ont illustré les exposants du salon européen de la mobilité regroupés sur un espace "Modes doux".
Altinnova par exemple, a dévoilé un projet de modules exactement de la même dimension qu'une place de stationnement de voiture, permettant de garer 4 à 20 vélos. De la forme d’un petit container, et encore à l’état de démonstrateur, celui-ci offre plusieurs services pour l’entretien du vélo, une zone de consigne ou des box "microfret" permettant de récupérer une livraison.

Smoove qui équipe déjà plusieurs municipalités -notamment Montpellier - a développé une station libre-service pour vélos, la "Smoove Box", dont le fonctionnement s’effectue par réseau RFID. Les bornes libre-service sont donc beaucoup plus faciles à installer puisqu’elles ne fonctionnent pas à l’électricité et ne nécessitent pas un recours au génie civil pour leur implantation en ville. Leur simplicité de fonctionnement permet de les déplacer si leur fréquentation est jugée insuffisante.


Fluo et electro

Enfin, l’entreprise vendéenne Arcade qui produit 35 000 vélos par an et a équipé Mexico, Milan, Barcelone, Oslo mais aussi Strasbourg, Angers, Caen ou Dijon, vient de proposer un vélo triporteur à assistance électrique pour les services de ramassage des ordures ou d'entretien des espaces verts. Arcade propose aussi une mesure de sécurité aux collectivités avec une peinture electro-fluorescente recouvrant ses vélos, laquelle capte la lumière le jour pour la restituer la nuit.

Jean-Pierre Lagarde