"Réinventer l'autocar"

Dans le communiqué annonçant le lancement de ces nouvelles liaisons européennes, la SNCF promet de "réinventer" l'autocar avec "un service à haut niveau de service". C'est-à-dire ?
Vingt-six véhicules grand tourisme de 48 places - de la marque allemande Setra, complétés à l'automne par 20 autres autocars du constructeur franco-italien Irisbus - sont accessibles aux personnes à mobilité réduite, équipés de toilettes, d'un accès wifi gratuit, de prises électriques, de sièges inclinables et "écartables", mais pas de couchettes même si la SNCF propose des horaires de nuit (7h30 à 23h), de lampes individuelles et de deux écrans vidéo 19 pouces.
Les voyageurs pourront choisir des places numérotées au moment de la réservation.

Et derrière le volant, pas des chauffeurs, mais des "capitaines", y compris des femmes comme semble attester la photo fournie par la SNCF.

Depuis les prémisses du projet, la SNCF insiste sur le confort et surtout, la compagnie ferroviaire voulait tout, sauf embarquer et débarquer ses passagers à la gare routière Eurolines de la porte de Bagnolet, jugée isolée, mal signalée, et peu avenante.
Les iDBUS partiront et arriveront à la gare d'autocars de Paris-Bercy, dans le 12e arrondissement, tout près du Périphérique. A Lille, ce sera à la gare SNCF Lille-Europe, à Londres, à la gare routière de Victoria Coach Station. En Belgique, ce sera à la gare Bruxelles Midi et à Amsterdam, ce sera à Stadion Plein


Les tarifs ne bougent pas

D'autres autocaristes - Eurolines, le britannique Stagecoach, le groupement de transporteurs Réunir- se sont déjà engouffrés dans la brèche ouverte à l'automne 2011 par l'ancien gouvernement qui a autorisé des liaisons interégionales en autocar sur des trajets internationaux (en cabotage - lire). Certains, avec des prix cassés : Paris-Londres à partir de 1 euro à bord des Megabus de Stagecoach !
La SNCF n'affiche pas des niveaux de prix si bas, mais ils ne changent pas en fonctiohn du remplissage du car ou de la date du départ. En période normale, un Paris-Londres coûte 33 euros (durée du voyage : 8h30) et jusqu'à 65 euros les week-end, un Paris-Bruxelles 47 euros, un Paris-Amsterdam 49 euros. Depuis Lille, les tarifs sont respectivement de 19,41 et 39 euros en période normale. "Le tarif est annoncé 6 mois à l'avance et reste valable de l'ouverture des ventes jusqu'à la date de départ", assure la compagnie publique. "Que vous réserviez trois mois à l'avance ou une heure avant le départ, c'est toujours le même prix" explique Maria Harti, directrice générale d'iDBUS. Et si vous voyagez à plusieurs, il ya un "tarif tribu" : trois billets achetés, le quatrième est offert. Et du 23 juillet jusqu'à fin 2012, un tiers des places à bord des iDBUS seront à 5 euros. Les voyageurs ont droit à un bagage gratuit, les autres sont payants.

Espérons que la mairie de l'Ile d'Yeu n'attaquera pas la SNCF pour plagiat (comme Europcar avec Autolib' par exemple - lire) car ID Bus est le nom du réseau des autobus urbains de la commune vendéenne, exploité par Keolis, une autre filiale de la SNCF. Ça devrait donc passer...

Nathalie Arensonas