La perte fin août 2012 par la compagnie Virgin Rail d'une importante ligne ferroviaire entre Londres et Glasgow, la West Coast Line,  suscite une controverse nationale au Royaume-Uni, le parti travailliste en appelant désormais au gouvernement pour imposer un délai de réflexion. Le contrat doit démarrer en décembre.

Virgin Rail - coentreprise entre Virgin et le groupe écossais Stagecoach - exploitait depuis 1997 la West Coach Line qui relie Londres à Glasgow en passant par Birmingham, Liverpoool et Manchester.
Le milliardaire Richard Branson, propriétaire de Virgin, a donc perdu le renouvellement de ce contrat de 13 ans au profit d'un autre concurrent britannique FirstGroup, mieux-disant, et qui exploite déjà cinq autres franchises ferroviaires en Grande-Bretagne (dont TransPennine et Great Western).


Pétition en ligne

Le 27 août, Sir Richard Branson en a appelé au premier ministre David Cameron afin qu'il intervienne "pour ramener la raison au ministère des Transports" et "repousser les choses d'un mois ou deux". Il s'est dit prêt à exploiter la ligne sans bénéfice en attendant.
Le 28 août, après l'annonce officielle du gain du contrat par FirstGroup, Virgin et Stagecoach menaçaient de saisir les tribunaux espérant ainsi ralentir la signature du nouveau contrat par leur concurrent.

De son côté, dans une lettre à la ministre des Transports Justine Greening, la spécialiste des Transports au parti travailliste, Maria Eagle, estime que l'attribution du contrat à FirstGroup "semble presque exclusivement motivée par le côté financier", et elle craint que "certaines leçons du passé n'aient pas été retenues" en matière de franchises ferroviaires. Elle en appelle aussi à un débat au Parlement, comme l'avait fait mi-août la présidente travailliste de la Commission des Transports du Parlement.

Une pétition nationale appelant le gouvernement à "repenser la décision" sur la West Coast, et soutenue par des personnalités, a en effet déjà recueilli près de 140 000 signatures sur internet, score qui autorise les parlementaires à demander un tel débat.

De son côté, Bob Crow, responsable du principal syndicat de transport RMT, a dénoncé "la folle politique ferroviaire du gouvernement qui tourne autour d'un cocktail empoisonné de baisses des dépenses publiques, d'augmentation des tarifs et de bénéfices privés", prônant la renationalisation. Mais le ministère des Transports a assuré que le contrat serait signé fin août comme prévu, "le gagnant ayant été choisi au terme d'un processus juste et fondé".


Keolis se tient prêt pour la suite

L'autre perdant, c'est le Français Keolis qui avait été préqualifié en mars 2012 pour l'exploitation de cette énorme franchise ferroviaire qui totalise 650 kilomètres de ligne entre Londres et l'Ecosse. Mais le groupe se tient prêt pour les futures batailles du rail outre-Manche, adossé à sa maison mère, la SNCF, ou bien à Go Ahead, son partenaire sur le marché britannique depuis une quinzaine d'années.

"Le marché britannique va être très actif jusqu'en 2014 avec le renouvellement de nombreuses franchises ferroviaires", avait indiqué Michel Bleitrach au printemps 2012, alors président du directoire de Keolis. Prochaines sur l'agenda, Thameslink dont l'appel d'offres sera lancé fin 2012, l'East Coast line avec un appel d'offres prévu en 2013 et le renouvellement de SouthEastern, mi-2013, actuellement exploité par Keolis.

Nathalie Arensonas (avec AFP)