"Une épine dorsale qui va irriguer tout le territoire". C’est ainsi que Jean-Paul Fournier, président de la communauté d’agglomération nîmoise et maire de Nîmes, a qualifié cette première ligne structurante de transport. Une "épine dorsale" qui a aussi été longtemps une épine dans le pied des élus de l’agglomération.

A l’origine, cette ligne de Bus à haut niveau de service (BHNS) intégralement en site protégé, aurait dû relier la sortie de l’autoroute A54 (équipé d'un parking relais de 262 places) au cœur de la ville. En effectuant une boucle autour du centre historique "l’Ecusson".
Mais au printemps 2011, une décision du tribunal administratif, saisi par des opposants au projet qui contestaient l’abattage de platanes centenaires, a obligé l’agglomération à stopper les travaux au niveau des Arènes et à relancer une procédure. Résultat, c’est une ligne de six kilomètres au lieu des huit initialement prévus qui a été inaugurée le 29 septembre.

Un brin d'amertume

"Quand nous inaugurerons cette ligne, j’aurais un brin de fierté mais aussi un peu d’amertume, un certain sentiment d’inachevé", nous expliquait Vivian Mayor, délégué au transport collectif en site propre de Nîmes Métropole quelques jours avant la mise en service.

Il n’empêche, la première ligne forte du réseau nîmois est là et bien là et les élus comptent sur son efficacité (20 km/h de vitesse commerciale) pour convaincre les plus réticents que son prolongement est une nécessité. "Lors du conseil communautaire de juillet 2012, nous avons acté le lancement d’une nouvelle concertation pour terminer le tour de l’Ecusson et, mieux encore, pour prolonger la ligne vers le Nord jusqu’à l’université Hoch-Sernam qui sera inaugurée en 2013." Soit environ deux kilomètres supplémentaires.

La ligne de Tango + (Tango est le nom du réseau nîmois) est exploitée avec des bus de 18 mètres Créalis Neo, fournis par Irisbus, dont la face avant a été spécialement dessinée pour Nîmes. Ils sont guidés aux arrêts grâce au système développé par Siemens France,  permettant une accessibilité parfaite en station, qui n’ont rien à envier à celles d’un tramway.
Un second parking relais de 90 places est implanté à la station Parnasse, pôle intermodal où se croisent plusieurs lignes du réseau de transport urbain et départemental. Les bus circuleront 7 jours sur 7, de 5h15 à 1h du matin. La fréquence de passage ira de 20 minutes en heure creuse à 5 à 8 minutes en heure de pointe.


En attendant le tramway

Si l’attention des élus nîmois est encore concentrée sur le prolongement de cette ligne, ils n'en oublient pas le projet de tramway, sur un axe Est-Ouest. Il devrait compléter l'armature du réseau et donner une vraie cohérence à cette agglomération encore jeune. Présenté dans le deuxième appel à projets TCSP du Grenelle de l'environnement, fin 2010, ce projet de ligne n'avait pas été retenu pour bénéficier d'une subvention de l'Etat parce que les études n'étaient pas assez avancées. Mais le conseil communautaire de juillet 2012 a donné son feu vert. Le tramway pourrait pointer son nez en 2018.

Robert Viennet