Faire payer le même abonnement de transport aux urbains qui se déplacent dans Paris intramuros, et aux voyageurs des zones périphériques qui se rendent dans le centre de l'aggomération parisienne ou voyagent de banlieue à banlieue. L'idée est séduisante électoralement, mais Jean-Paul Huchon, président de la région capitale reste prudent, malgré ses promesses faites aux Vers entre les deux tours de élections régionals de mars 2010.

"Il s'agit de rétablir plus d'égalité entre les usagers qui ont un réseau de transport de qualité dans l'agglomération centrale et ceux qui, plus éloignés du centre, sont moins favorisés. L'idée est donc de diminuer la tarification des plus éloignés", admet celui qui préside aussi le Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif), l'autorité organisatrice.


Tarification unique
?

Mais cet accord politique pour la tête de liste socialiste en Ile-de-France, rencontre déjà un bémol.  "Ce n'est pas forcément idéal au regard de la logique des transports. Le premier inconvénient est politique car on pénalise Paris et la petite couronne", observe Jean-Paul Huchon.

Deuxième écueil, financier cette fois : quel tarif appliquer pour maintenir l'équilibre du système de recettes commerciales ? Aujourd'hui, le prix moyen du Pass Navigo mensuel est de 60 euros. Un tarif unique à 65 euros générerait un déficit de 400 à 600 millions d'euros par an. Pour assurer l'équilibre financier, il faudrait donc augmenter le prix du Pass. Délicat...

Autre risque : une tarification unique risque de favoriser le report sur l'automobile au cas où, sur de courts trajets, les transports en commun ne seraient plus compétitifs. Ce qui irait à l'encontre de l'objectif recherché, consistant à promouvoir les transports publics.


Supprimer la zone 6


" Nous allons procéder à des études. Nous nous sommes fixés jusqu'à 2012, et ces études doivent commencer au mois de septembre. Mais en 2011, nous devrions disposer des premiers éléments qui nous permettront de creuser les pistes pour y parvenir",  tempère l'élu qui lance la piste de la suppression d'une seule zone la 6. 

En fait, Jean-Paul Huchon semblerait tenté par une révision plus radicale de la tarification en Ile-de-France : la suppression des zones tarifaires créées en 1975 avec la carte Orange.
"Les transports de banlieue à banlieue en utilisant des rocades vont se développer, explique-t-il. Mais lorsque vous allez d'une banlieue à une autre en contournant Paris, vous ne changez pas de zone. On n'est donc plus dans une logique de tarification à la zone, mais de tarification à l'unité de transport. On pourrait aussi moduler les tarifs en fonction des heures de la journée - heures de pointe et heures creuses - et de la journée dans la semaine - week-end pour autres jours".


Arc Express en ligne de mire
En réalité, ce qui compte pour Jean-Paul Huchon, c'est de lancer Arc Express. Le projet de rocade ferroviaire porté par la Région et qui a bien failli passer  à la trappe au profit de la double boucle de métro automatique défendue par Christian Blanc (alors secrétaire d'Etat aux Transports) dans le cadre de la loi sur le Grand Paris.
Les consultations publiques vont commencer et Jean-Pauil Huchon, dans cette affaire, ne s'intéresse que de loin au tarif unique...