Frédéric Cuvillier, le ministre délégué aux Transports a présenté le 16 octobre à 14 heures, la commission chargée de mettre de l’ordre dans le roboratif Schéma national des infrastructures de transport (Snit) né du Grenelle de l’environnement qui nécessiterait 245 milliards d’euros d’ici à 2030.

Rebaptisée "Mobilité 21", cette commission est composée de dix membres, six parlementaires - en majorité à gauche - et quatre personnalités qualifiées. Voici sa composition :

Les parlementaires :

  • Philippe Duron (ci-contre), député-maire du Calvados (PS), maire de Caen, membre de la Commission du développement durable, président de l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF) et co-président de TDIE. Il devrait présider la commission.
  • Michel Delebarre, sénateur du Nord (PS), maire de Dunkerque, ancien ministre de l’Equipement, du Logement, des Transports et de la mer
  • Eva Sas, députée de l’Essonne (EELV), vice-présidente de la Commission des finances.
  • André Chassaigne, député du Puy-de-Dôme (PC), membre de la Commission des affaires économiques, président du groupe Gauche démocrate et républicaine. Son nom avait circulé pour faire partie du gouvernement en cas de participation de communistes.
  • Louis Nègre, sénateur-maire des Alpes-Maritimes (UMP), membre de la Commission du développement durable, président du groupe de suivi du SNIT au Sénat. Coprésident de TDIE.
  • Bertrand Pancher, député de la Meuse (Union des démocrates et indépendants), membre de la Commission du développement durable, co-rapporteur du Grenelle à l’Assemblée nationale.

Les personnalités qualifiées :
  • Jean-Michel Charpin, inspecteur général des finances, ancien Commissaire au Plan, ancien directeur général de l’INSEE, ex commissaire au Plan (1998-2003).
  • Yves Crozet, économiste, professeur à l’Université de Lyon II et président du Laboratoire d’économie des transports (LET).
  • Marie-Line Meaux, inspectrice générale de l’administration et du développement durable, Présidente de la 4e section "risques, sécurité, sûreté" au Conseil général de l'environnement et du développement durable au ministère de l'Écologie.
  • Patrice Parisé, ingénieur général des ponts et chaussées, est président de la 5e section "sciences et techniques" au Conseil général de l'environnement et du développement durable au ministère de l'Écologie. Il avait été directeur général des routes de 2003 à 2008 au ministère des Transports.

 

Six mois pour élaguer et hiérarchiser

La commission a six mois pour dresser un calendrier réaliste des différents projets de développement  (lignes à grande vitesse, autoroutes, projets fluviaux, projets de transport urbain) et de modernisation des réseaux. En fonction des moyens financiers disponibles et en fonction des priorités, sachant que le gouvernement souhaite donner une priorité à l’optimisation du réseau existant.

On note la présence de Michel Delebarre, ancien ministre des Transports qui a joué un rôle important dans le programme du TGV Nord - et voisin de Frédéric Cuvillier, maire de Boulogne-sur-Mer – et celle des deux co-présidents de l’association TDIE, Philippe Duron et Louis Nègre. L’association a tenu un rôle actif lors du vote du Grenelle et dans l’'élaboration du SNIT qu’il faut maintenant détricoter, même "Nous ne sommes pas dans une logique d'abandon", a promis Frédéric Cuvillier lors de la conférence de presse, en prenant l'exemple du projet du canal Seine-Nord, assurant qu'il était maintenu.
Refusant de dire quels projets seraient susceptibles d'être abandonnés, le ministre a toutefois souligné que tous n'étaient "pas au même niveau d'aboutissement", et que certains avaient été inscrits au Snit, "par opportunité".

C'est bien autour des notions d'"élagage, de hiérarchisation, de planification et de programmation", que tournera le travail de cette commission, comme l'a indiqué son président Philippe Duron en marge de la conférence de presse : "245 milliards d'euros de projets, c'est une somme difficilement réaliste", a t-il ajouté.

Marc Fressoz (avec N. Arensonas)