EBSF est un des programmes de recherche européen, dans les transports terrestres, les plus ambitieux et, financièrement, le mieux doté par la commission européenne. "Ce qui fait toute son originalité c'est qu'il s'intéresse au système bus dans son ensemble et pas au seul véhicule" explique Alain Flausch, secrétaire général de l'Union internationale des transports publics (UITP), qui a piloté le projet et cordonné le travail de pas moins de 47 partenaires : 5 constructeurs de bus, 9 équipementiers, 9 opérateurs de transport, 4 associations nationales, 4 villes européenne et 15 universitaires.

Une grosse machine donc qui aura mobilisé l'énergie de tous ces acteurs pendant quatre ans. Chacun dans son rôle.
Les associations nationales, comme en France l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP) ont balisé le terrain pour définir les axes de recherche de ce programme : "Nous avons déterminé, grâce aux nombreuses études déjà réalisées dans ce domaine, quels étaient les besoins les plus importants des clients du bus qu'ils soient utilisateurs ou autorités organisatrices", explique Anne Meyer, directrice du département Clientèle exploitation et recherche de l'UTP.
Plusieurs groupes de travail se sont ensuite penchés sur les différentes problématiques  : l'infrastructure et son insertion dans la ville, l'information passagers, l'intermodalité, la standardisation des systèmes d'information, les coûts d'exploitations, la sureté, la sécurité etc.

 

Du concret

L'objet de la conférence finale à Bruxelles ce 15 octobre, qui a été clôturée par Siim Kallas, commissaire européen aux transports, était de présenter quelques une des réalisations concrètes de ce programme. Mais pas de bus au dessin futuriste tiré d'un roman d'anticipation, ni un de ces "concept car", concentrés d'innovation chers au monde automobile. Les bus exposés à Bruxelles, ressemblaient à peu de choses près à ceux que nous voyons circuler dans nos rues.

Pourtant les innovations étaient bien là, comme ce système de sièges escamotables, développé par Irisbus, qui permet en un tour de main d'augmenter ou de diminuer de 35% le nombre de places assises du bus. Un constructeur qui a également travaillé sur un système qui permet de faire varier la hauteur du plancher en fonction de chaque arrêt pour faciliter l'accessibilité. Volvo présentait un bus au poste de conduite central ce qui augmente sa capacité et Man un véhicule articulé doté de 5 portes pour faciliter les flux de passagers. Moins spectaculaire, mais tout aussi innovants ces chapelets de diodes luminescentes, installés devant les portes et à l'intérieur du Citaro articulé de Mercedes qui indiquent au passager, en changeant de couleur (Vert ou rouge) vers quelle porte et vers quelle zone se diriger dans le bus.

La RATP a elle-aussi a participé à ce programme en développant sa station de bus du futur dont elle a implanté un prototype à Paris en mai dernier.


Bus plug and play

Et puis, il y a des innovations comme le programme Smart bus piloté par Veolia Transdev. Il s'agissait de résoudre le casse-tête auquel sont confrontés tous les opérateurs : faire dialoguer entre elles toutes les nouvelles fonctionnalités issues de l'électronique et de l'informatique dont sont bardés les bus modernes : information voyageurs, billettique, outils de localisation des véhicules etc. 
Résultat une architecture conçue sous forme de réseau IP, c’est-à-dire régie par le protocole internet qui permet à l'ensemble des applicatons qui lui seront connectées à bord du bus comme en back office, de communiquer entre elles et d'échanger des données clés, quelle que soit la norme de télécommunication utilisée (Wifi, 3G). Le principe du plug and play appliqué à l'autobus en quelque sorte.

Autre originalité du programme EBSF, chacune de ces innovations que l'on devrait bientôt voir sur le marché a été testé en grandeur réelle dans les villes européennes partenaires. Le bus Volvo a roulé deux ans à Stockholm, celui de Man à Budapest, celui d'Irisbus à Rouen.
C'est cette implication de toute la filière du transport public qui a séduit la Commission européenne et l'a convaincu de donner une suite à ce programme en lançant 3iBS, acronyme d'Intelligent, Innovative, Integrated Bus Systems. Il est doté de 3,36 millions d'euros dont 2,97 financés par Bruxelles. Le bus du futur en aura donc un.

Robert Viennet