MobiliCités : Pourquoi avoir pris cette initiative ?

Bruno Gazeau : C'est à la demande de Michel Bleitrach, suite à un séminaire stratégique de l'UTP en août 2010, lorsque nous avons constaté une dégradation économique du secteur. Nous avons demandé au cabinet Kurt Salmon de faire une étude à laquelle ont participé de nombreux directeurs de réseaux de transport, pour voir comment améliorer le fonctionnement des réseaux et favoriser le report modal. Nous l'avons présenté au bureau du Gart qui s'est tout de suite montré intéressé par notre proposition de réaliser un petit tour de France en huit étapes. L'objectif étant d'aller sur le terrain recueillir les idées des uns et des autres.

Guy Le Bras : Nous pensons au Gart qu'il est très important de se concentrer sur le report modal et les conditions économiques du fonctionnement des réseaux de transport. Sur ces deux sujets, le partenariat entre le Gart et l'UTP paraît naturel. Alors, plutôt que de laisser se développer une opposition frontale entre les positions des uns et des autres, nous avons choisi d'aller à la rencontre de nos adhérents réciproques, de les faire débattre et d'en tirer les conclusions qui seront rapportées en novembre 2013 à Bordeaux lors des Rencontres nationales du transport public.


Qu'attendez-vous de ces échanges ?

Guy Le Bras : le Gart et l'UTP qui sont en quotidien avec leurs adhérents respectifs ont chacun leurs idées sur des sujets comme la politique tarifaire, les politiques commerciales ou des sujets techniques. Ce que nous voulons, c'est confronter ces idées avec la réalité quotidienne de nos adhérents. Un échange d'expérience qu'il était hors de question de réaliser à Paris. C'est le grand intérêt de ce "road trip".

Bruno Gazeau : nous en attendons un diagnostic partagé de la situation. Le transport public se trouve confronté à de grands enjeux : contrainte budgétaires des collectivités locales, part de marché encore faible par rapport à l'automobile. Il faut améliorer le report modal, l'équilibre économique des contrats et le coût pour la collectivité. Pour y parvenir, l'UTP a identifié sept leviers regroupés en trois thèmes : partage de la voirie et place du stationnement, politique tarifaire, politique de l'offre. Il nous faut débattre de tous ces sujets. Nous devons faire beaucoup de pédagogie, d'échanges, de réflexion commune pour faire progresser ensemble le transport public.


Les intérêts des autorités organisatrices et des opérateurs sont-ils convergents ?


Bruno Gazeau : on peut le penser, parce qu'un bon réseau de transport exige une autorité organisatrice qui sait ce qu'elle veut, une entreprise performante et un contrat qui lie les deux. Et quel que soit le mode gestion du réseau. Dans ce jeu, il ne faut pas un dominant et un dominé. La qualité des réseaux vient de la qualité des partenaires et de la performance de leurs liens.

Guy Le Bras : les intérêts sont convergents à partir du moment ou une DSP est signée entre un opérateur et une autorité organisatrice de transport (AOT). Bien évidemment, les exploitants et les AOT ont intérêt à ce que le report modal soit optimisé et que le fonctionnement économique des réseaux le soit aussi.

Propos recueillis par Robert Viennet