Le versement transport est à nouveau sous les feux de l'actualité. Au moment où des discussions vont s'engager au Parlement pour passer à une nouvelle phase de décentralisation, qui pourrait voir la création d'un versement transport régional, le Groupement des Autorités organisatrices de transport (Gart), l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP) la Fédération des industries du ferroviaire (FIF) et France Nature Environnement, sont vent debout pour défendre cette taxe "régulièrement et encore récemment attaquée".

En novembre 2012, Laurence Parisot, présidente du Medef, s'était déclarée lors d'un point presse "scandalisée" par les perspectives d'augmentation du versement transport (VT) dans plusieurs agglomérations françaises. Même ton chez d'autres associations patronales comme la CGPME. Et récemment, plusieurs entreprises se sont engouffrées dans une brèche juridique pour réclamer le remboursement du versement transport "indûment perçu" par les syndicats mixtes.

Toutes ces attaques ont fini par faire réagir l'ensemble des acteurs du transport public qui, dans un communiqué commun, soulignent l'apport du VT "pour le développement de la mobilité durable" et pour le soutien à une filière industrielle qui représente aujourd'hui 400 000 emplois "pérennes et non délocalisables "en France. Une filière fortement exportatrice comme le montrent les récentes mises en service du tramway de Casablanca construit par Alstom et exploité par la RATP ou du métro d'Alger.


Ne pas briser le "cercle vertueux"

En 2012, la fréquentation des transports publics a augmenté en moyenne de 4,6% après une croissance de 5,3% en 2011. Pour répondre à cette augmentation du nombre de passagers et fluidifier les déplacements, les collectivités locales doivent réaliser "des investissements constants dans de nouveaux moyens de déplacement", indique le communiqué. Sans le VT, dont le produit atteint aujourd'hui 6,45 milliards d'euros par an, soit 40% du financement des transports urbains français, les collectivités ne pourraient pas financer le développement de leurs réseaux de transport ce qui pénaliserait notamment les entreprises dont les salariés verraient leur temps de transport augmenter.

Au delà de son intérêt pour l'amélioration de la mobilité des citadins et pour le soutien à l'économie française, le versement transport "permet de transformer l'aménagement urbain et de renforcer l'attractivité des villes", souligne le communiqué. Son éventuelle régression "menacerait ce cercle vertueux en fragilisant l'équilibre et les performances de la filière", concluent ses auteurs.

Robert Viennet