Le créneau des "wagons isolés" (activité sur mesure pour des quantités ne constituant pas un train entier) n'est plus la tasse de thé de la SNCF qui préfère se concentrer sur des trafics de masse, pour des questions de rentabilité.
Le gouvernement a donc décidé en septembre 2009 de créer des Opérateurs ferroviaires de proximité (OFP) pour prendre la relève sur les courtes distances.

Problème, les OFP ne sont pas légion et peinent à obtenir leur licence d'opérateur ferroviaire. On comprend donc pourquoi Réseau ferré de France (RFF), propriétaire de l'infrastructure ferroviaire, s'est empressé de saluer le 27 juillet 2010 son tout nouveau client en se réjouissant que TPCF (Train du pays cathare et du Fenouillèdes) permette de "reporter sur le rail un trafic qui alimentait la circulation de nombreux poids lourds".


Difficile de décrocher la licence

Plusieurs autres PME ont demandé des licences, dans le Morvan, et en Charente-Maritime. TPCF, co-dirigée par Yves Guimezanes et Dieter Schmitz, a été la première à obtenir sa licence et son "certificat de sécurité d'entreprise ferroviaire".

TPCF a donc livré fin juillet en gare de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales) un wagon de 64 tonnes provenant d'une carrière de dolomie (carbonates de calcium et de magnésium) à 10 km de là. Il devait être ensuite raccroché à un train vers la Suède assuré par Fret SNCF.
L'opérateur ferroviaire de proximité travaille sur une voie unique non électrifiée qui n'intéresse pas les grands transporteurs, avec une motrice diesel veille de 40 ans louée à la SNCF. Les conducteurs sont maison et l'entretien de la machine est faite en interne.


Rebasculer la route sur les rails

Il organise le transport de bout en bout, depuis la carrière jusqu'à l'arrivée chez le client final, ce qui peut inclure l'affrètement d'un camion pour le tronçon final à l'autre bout de l'Europe.

Le trafic ferroviaire de marchandises, qui représentait 150 000 tonnes de minéraux venant de cette vallée riche en carrières en 2002, est presque entièrement passé à la route. Dans un premier temps, le tout nouvel OFP espère ramener 15 000 tonnes par an sur les rails, en formant un à deux trains de dix wagons par semaine.

Nathalie Arensonas