Dans ce courrier de quatre pages, remis le 31 janvier 2013 à Matignon, le groupe PS considère comme "primordial de réaliser la globalité du schéma" prévu pour le Grand Paris Express. "Il ne faut pas toucher à la cohérence du schéma qui vise et à soulager le réseau existant et à proposer des liaisons banlieue à banlieue pour les désenclaver", souligne Alexis Bachelay, député des Hauts-de-Seine, co-rapporteur de la mission de suivi de la loi sur le Grand Paris. Il co-signe ce courrier avec Bruno Le Roux, député de Seine-Saint-Denis et président du groupe PS.

Les députés font donc des "propositions" pour une "programmation continue des travaux dès 2014 jusqu'à la réalisation de l'ensemble des lignes à l'horizon 2030".


Nouvelles ressources pour la Société du Grand Paris

Pour tenir les délais, ils préconisent aussi "d'adapter le dimensionnement" de la future infrastructure "aux besoins réels" des différents territoires, autrement dit de ne pas faire du métro souterrain partout.
"L'objectif est de livrer le nouveau réseau entre 2025 et 2030", insiste M. Bachelay, "avoir laissé croire qu'en 2020 les gens auraient leur gare n'est pas raisonnable, c'est de la vente de rêve et nous, nous voulons réaliser un projet".

Sans se prononcer sur l'ordre des travaux - sujet le plus délicat - il leur semble raisonnable, vu l'état de saturation du réseau de transport actuel, de réaliser ce qui va soulager l'existant avant d'amener dans le réseau de nouveaux voyageurs. Cela n'empêcherait pas d'entamer parallèlement les travaux, en métro léger, de pôles économiques (Saclay, Orly, Roissy).

En pleine rigueur budgétaire, le groupe PS estime nécessaire de "faire évoluer le modèle économique de la Société du Grand Paris (SGP) et d'assurer son financement dans la durée".
Cela passerait par le déplafonnement la taxe sur les bureaux - principale ressource actuelle de la SGP et la plus dynamique - par un allongement de la durée d'amortissement des prêts actuellement limité à 35 ans et la création "si nécessaire" de recettes complémentaires", comme le préconisaient les rapports Carrez (UMP) de 2009 et Lepetit (PS)-Albarello (UMP) de 2011.


Le Medef vent debout

Réaction immédiate du Medef Ile-de-France : "Les entreprises sont les seules à financer le Grand Paris Express par une augmentation des impôts et taxes de l'ordre de 500 millions d'euros depuis 2011". L'organisation patronale propose d'"autres solutions" comme "la réduction du coût des infrastructures, le recours au partenariat public-privé ou l'étalement des emprunts (de la SGP) sur une période plus importante" que les 35 ans inscrits dans la loi.

Cette dernière piste est aussi à l'étude au gouvernement sans pour autant vouloir trop l'allonger car les futures dettes de la SGP, structure publique, se retrouveront comptabilisées dans la dette de l'Etat.


Nathalie Arensonas (avec AFP)