C'est une tendance que l'on note un peu partout dans les grandes agglomérations françaises : l'utilisation de la voiture particulière régresse alors que la mobilité reste stable. L'enquête déplacements réalisée en octobre 2012 par l'Agence d'urbanisme de l'agglomération nantaise (AURAN) montre en effet que malgré la crise, la mobilité individuelle des Nantais n'a pas varié depuis la dernière enquête, qui date de 2008. Soit en moyenne, 3,5 déplacements par jour et par personne.
Au total les habitants de l'agglomération effectuent chaque jour plus de deux millions de déplacements.

Le vélo en roue libre

En revanche, les pratiques de déplacements se modifient, une tendance observée depuis 2002. La part de marché de l'automobile a baissé de 6% entre 2008 et 2012 (de 57% à 50,9%) alors que son usage avait déjà reculé de 5% entre 2002 et 2008.
Grand gagnant de cette évolution, le vélo dont la part de marché a doublé passant de 2% en 2008 à 4,5% en 2012 (5,3% en zone centrale). Progression d'autant plus remarquable que le vélo était "scotché" à ces 2% depuis des décennies.

Autres gagnants, la marche à pied qui gagne deux points passant de 24% en 2008 à 26,8% en 2012 (21% en 2002) et le transports publics dont la part de marché atteint 15,8 contre 15% en 2008 et 13,9% en 2002.

L'enquête qui fait une distinction entre les territoires intra et extra-périphérique, réserve quelques autres surprises. Par exemple, si la voiture reste le moyen de déplacement dominant pour les banlieusards nantais avec 63,9% de part de marché, elle a perdu plus de 7 points par rapport à 2008 alors qu'elle n'avait pas varié jusque-là. Dans la partie centrale de l'agglomération nantaise, la voiture n'est plus utilisé que pour 43,6% des déplacements, contre 49% en 2008.


Elle court, elle court la banlieue

Notons également que les avancées de la marche à pied et du transport public sont plus fortes en banlieue nantaise qu'en zone centrale. La marche à pied passe de 13 à 18% des déplacements, le transport public de 11% à 13,1%, "ce qui est cohérent avec les hausses sensibles de fréquentation enregistrées sur le réseau de bus et de tramway depuis 2008 (+ 4% en 2012)" explique un communiqué de Nantes Métropole.


Ces résultats sont à mettre au compte de la politique de mobilité menée l'agglomération qui a été la première en France à remettre le tramway sur les rails, en 1985. Les objectifs du plan de déplacements urbains (PDU) 2010-2015 sont ambitieux puisqu'ils prévoient notamment de faire passer à 58% la part de marché du transport public et des modes doux en 2030, et de baisser celle de la voiture à 40%.

Les élus vont falloir réactualiser ces objectifs, puisque ce PDU est en avance de plus de deux ans sur ses prévisions, selon le communiqué de Nantes Métropole

Robert Viennet