Dans le collimateur du gouvernement, les six millions de véhicules anciens qui contribuent à "environ 30% des émissions de particules des véhicules particuliers et 20% des émissions d'oxydes d'azote", selon la ministre de l'Ecologie qui a adopté un "plan d'urgence" en 38 points et va lancer une étude pour déterminer les "véhicules vertueux en terme d'émissions".

L'association 40 millions d'automobilistes met immédiatement en garde contre le risque de "clivage social", les véhicules les plus polluants appartenant aux plus modestes. L'association plaide plutôt pour "une politique d'incitation au renouvellement des véhicules par le biais d'une prime à l'achat d'une automobile d'occasion plus récente et moins polluante".

Le plan évoque aussi la possibilité de réduire la vitesse sur "certains axes à forte fréquentation", comme sur le Périphérique parisien. La mairie de Paris, qui souhaite réduire la vitesse de 80 à 70 km/h sur cet axe, a salué dans un communiqué une annonce qui va "dans le bon sens".

Les véhicules autorisés sont ceux, plus récents, qui pollueront le moins. Pour autant, a expliqué Delphine Batho, "ce n'est pas le retour de la pastille verte" déjà utilisée puis vite abandonnée dans les années 90 pour identifier les voitures les moins polluantes. "Il y a aujourd'hui des techniques plus modernes", a-t-elle ajouté devant la presse.

Parmi les autres mesures annoncées, l'incitation au covoiturage, le développement des véhicules électriques en ville, mais aussi des initiatives pour réduire les émissions industrielles.
  

A l'amende européenne

La ministre a confirmé en parallèle l'enterrement du projet de zones d'actions prioritaires pour l'air (Zapa), c'est-à-dire des zones excluant les véhicules les plus polluants, qu'avait initié le précédent gouvernement en 2011.

Selon un bilan publié à l'été 2012, près de 12 millions de Français ont vécu en 2011 dans des zones où la pollution aux particules fines, émises par les voitures mais aussi par le chauffage au bois, l'industrie et l'agriculture, excède les normes européennes.
Les particules les plus fines, qui en ville proviennent majoritairement des pots d'échappements, seraient à l'origine de 42 000 décès chaque année en France.

Et selon une étude publiée en mars 2012 par le Conseil national de l'air, le coût de la mortalité liée à la pollution de l'air s'élève à 442 euros par an et par habitant.

Les dépassements récurrents dans une quinzaine d'agglomérations des valeurs limites européennes pourraient prochainement valoir de lourdes amendes financières à la France, visée par un recours devant la Cour de Justice de l'Union européenne.


Nathalie Arensonas