Fin de la controverse. C'est le message qu'ont voulu faire passer la RATP et le Stif (Syndicat des transports d'Ile-de-France) le 12 février, au lendemain d'une information d'Europe 1 selon laquelle les conducteurs du RER A auraient consigne de ne pas s'arrêter à certaines stations pour rattraper d'éventuels retards et éviter à la Régie de payer des malus en cas de non-respect de la ponctualité .

Ce système de bonus-malus inscrit dans les contrats qui lient l'autorité organisatrice à la RATP et à la SNCF jusqu'en 2015.


Confusion

La RATP a réagi en deux temps le 11 février : citée par Europe 1, elle expliquait qu'elle ne faisait "qu'appliquer les consignes du Stif". Avant de faire machine arrière en fin de journée : la rame donnée en exemple par Europe 1 aurait été en fait "un train vide, sortant de son stationnement".
"En cas de perturbation, il peut y avoir des mesures de régulation afin de combler un intervalle par rapport au train précédant concède toutefois la RATP, ajoutant que ces mesures sont "exceptionnelles" et "qu'elles ne sont appliquées qu'à la condition qu'un autre train puisse desservir ces gares dans les trois à six minutes suivantes".


"Furieux", le président de la région Ile-de-France et du Stif, Jean-Paul Huchon, a convoqué à la première heure le 12 février le patron de la RATP, Pierre Mongin et celui de la SNCF, Guillaume Pepy. Interrogé par l'AFP, un représentant de la compagnie ferroviaire affirme que "les omissions volontaires d'arrêts pour régulation de trafic ne sont plus pratiquées depuis trois ans". A l'issue de la réunion, l'élu a finalement voulu calmer le jeu et reconnu un "certain emballement".

"En réalité, nous ne sommes pas face à une tentative de contournement du contrat, car tout arrêt non marqué entraîne des pénalités. Mais c'est, en situation perturbée en heure de pointe, une décision de régulation pour éviter que les quais ne saturent et que ne se posent un problème de sécurité pour les voyageurs" a expliqué Pierre Serne, vice-président du Stif.

Jean-Paul Huchon a annoncé qu'un "point technique" serait désormais organisé toutes les trois semaines entre le Stif, la RATP et la SNCF (co-exploitant du RER A) pour évoquer "la circulation et de l'amélioration du fonctionnement" du réseau ferré suburbain.

Reste que la ligne A du RER, la plus chargée d'Europe avec 1,2 million de voyageurs et près de 700 trains quotidiens, a atteint un stade critique de saturation. La ligne est régulièrement décriée par ses usagers pour ses retards chroniques.

Aubin Busalb