"Une offre hyper accessible, à prix canon", n'a fait qu'insister Guillaume Pepy, le président de la SNCF, lors de la présentation à la presse de son TGV low cost, le 19 février 2013. Nom commercial : "Ouigo". Premier prix pour un trajet entre Marne-la-Vallée et Marseille ou Montpellier via Lyon-Saint-Exupéry : 10 euros, 5 euros pour les enfants.

Le principe : un prix d'appel très attractif, mais un service à bord réduit au strict minimum (pas même la possibilité de s'acheter une boisson), et la desserte de gares principalement excentrées, pour réduire les péages des sillons ferroviaires exigés par Réseau ferré de France, gestionnaire des infrastructures.

A partir du 2 avril 2013, quatre rames Duplex réaménagées (pour environ deux millions d'euros) vont effectuer trois allers-retours quotidiens en semaine, et cinq le week-end entre Marne-la-Vallée, ville nouvelle bien connue des fans de Mickey, et le sud-est de la France. Destination Marseille Saint-Charles et Montpellier Saint-Roch via Lyon Saint-Exupéry.







Ouigo, c'est pour les habitants de la périphérie parisienne

Aucune gare parisienne n'est desservie. "Ouigo, ce n'est pas un TGV pour les Parisiens, mais pour les habitants de la périphérie", a d'ailleurs répondu Guillaume Pepy, interrogé sur la possibilité d'acheter un billet combiné RER-TGV au départ de Paris pour rejoindre la gare de Marne-la-Vallée.

"Cette nouvelle offre s'adresse aux quatre millions de Français qui habitent hors de Paris et qui ont la tentation de prendre leur voiture plutôt que le train", poursuit-il, arguant que la nécessité de se rendre au centre de la capitale pour prendre le TGV peut s'avérer dissuasive pour le banlieusard : "Trois quarts d'heure de RER, c'est long !"

Une offre également "pensée pour les jeunes, les familles avec des enfants et les petits groupes de voyageurs à partir de quatre personnes", selon Barbara Dalibard, directrice générale de SNCF Voyages, c'est à dire ceux qui "privilégient habituellement leur voiture pour de courts séjours de loisirs".


A partir de 10 euros

Chaque année, 400 000 places Ouigo seront mises en vente au prix d'appel de 10 euros, et un million d'autres à moins de 25 euros, promet la compagnie ferroviaire. Pour chaque train, un quart des places seront vendues à moins de 25 euros, le prix des autres variant selon le taux de remplissage. Le prix des billets, vendus uniquement sur , dépendra donc de l'anticipation de l'achat, la place pouvant grimper à 85 euros.

Attention, un seul bagage est admis gratuitement (plus un bagage à main). Au delà, il faudra s'acquitter d'un supplément de cinq euros, et de 40 euros si vous avez omis de réserver avec un bagage suplémentaire.
Pour échanger son billet (par ailleurs non remboursable), il faudra débourser 10 euros. Et comme la "garantie voyage" ne s'appliquera pas, la compensation financière ne pourra pas dépasser 50% du prix du billet en cas de retard ou d'annulation.


20% de places assises supplémentaires

L'embarquement à bord des Ouigo, facilement reconnaissables à leur livrée bleue turquoise et rose (la même que celles des autocars iDBUS), se fera au minimum une demi-heure avant le départ. A l'intérieur, pas de première classe, ni de voiture-bar.
La place a été optimisée pour accueillir 1 268 passagers, soit 20% de plus que dans un TGV classique.
"L'espace entre les sièges reste le même", assure le président de la SNCF. On préfèrera toutefois les sièges de l'étage supérieur, certains situés au niveau inférieur ayant été groupées par trois, sans accoudoirs.

Ouigo vient donc compléter l'offre TGV classique, ainsi que les iDTGV qui vont monter en gamme et les iDBUS lancés en juillet 2012. Cela suffira-t-il pour relancer l'activité TGV, dont la fréquentation a baissé de 0,5% en 2012 ? Avec sa nouvelle offre low cost, la SNCF espère capter environ 1% du trafic de la grande vitesse.

Aubin Busalb et Nathalie Arensonas