Pas encore de challengers étrangers

Le Maghreb est encore la chasse gardée de la RATP. Keolis qui a raté son entrée dans le tram d'Alger n'affiche pas d'ambitions de ce côté-ci de la Méditerannée. Transdev, en cours de repositionnement, exploite aujourd'hui le tram de Rabat-Salé. Mais étonnamment, aucun étranger n’est encore venu y challenger la RATP. Le groupe espagnol Alsa se contente des bus, comme à Marrakech au Maroc, ou des lignes de cars interurbains.

"Les Britanniques First ou Stagecoach sont trop marqués autobus, le seul qui pourrait nous faire concurrence, c’est MTR, estime Pierre Mongin. Le Hongkongais "a beaucoup copié la RATP, ils ont acquis un bon niveau technique et ont une ambition globale, on l’a vu en Australie et à Stockholm. Mais en Algérie, on sera seul encore longtemps", croit le patron du groupe.
En 2013, RATP Dev compte réaliser 14% de son chiffre d’affaires (objectif 950 millions d’euros consolidés) dans les pays émergents, dont 5 % rien qu’en Algérie (1).
Au Maroc, où la filiale exploite depuis décembre 2012 le tramway de Casablanca et où un projet de métro léger est dans les cartons, ce sera peut-être un peu plus difficile car le pays de Mohammed VI ne dispose pas de la manne financière liée au gaz et au pétrole de son voisin algérien.

Prochain terrain de chasse, les capitales du Golfe. A Riyad, l’appel d’offres pour la création d’un réseau d’autobus est en cours, et la RATP est sur les rangs. Et à Dubaï, où le groupe avait remporté l’appel d’offres du tramway en 2010 avant qu'il ne soit ajourné, il candidate à nouveau. Cette fois, Keolis est aussi en lice.

Nathalie Arensonas (à Oran)

 

(1) En 2012, RATP Dev a réalisé 750 millions d’euros de chiffre d’affaires consolidé, dont 35% en Grande-Bretagne, 33% en France, 14% dans les pays émergents (dont le Maghreb et l’Afrique du Sud), le reste en Italie et aux États-Unis.