Début 2013, vous aviez annoncé le montant de l'enveloppe consacrée à ce troisième appel à projets : 450 millions d'euros. Depuis, vous avez un peu tardé à rendre publiques les règles du jeu et donner le feu vert aux agglomérations pour présenter leurs projets candidats. Pourquoi ?

Parce que ce n'est pas une copie conforme de la première génération d'appel à projets, il y a un certain nombre de changements. Il fallait donc s'assurer que toutes les dimensions que nous souhaitons lui donner soient respectées : que l'ensemble des modes de mobilité durable soient couverts, que l'accent soit donné aux projets qui relieront les quartiers urbains prioritaires, qu'ils s'inscrivent dans l'intermodalité, et qu'ils respectent aussi le critère de qualité de l'air.


Pourquoi ne pas avoir inclus les vélos en libre-service ou les sytèmes d'autopartage comme vous l'aviez évoqué précédement ?

Nous installons un groupe de travail sur un plan vélo en juin 2013. Il faut impulser les politiques en faveur du vélo, de l'autopartage et du covoiturage. Elles viennent en appui de l'appel à projets de transport collectif qui intègre des projets novateurs comme les transports par câbles ou les navettes fluviales. On essaie de prendre en compte les particularités de certaines villes et leurs besoins de transport spécifiques.

Compte tenu de ce retard, les élus du transport demandent un petit report au delà du 30 août pour remettre leur dossier de candidature et le soumettre aux préfets : est-ce que ce sera possible ?
Les candidats auront jusqu'au 15 septembre pour remettre leurs dossiers.

S'il y a plus de projets candidats, vous allez répartir les 450 millions d'euros en de plus petites parts ou bien prévoyez-vous une rallonge budgétaire ?
Nous avons sauvé ce nouvel appel à projets, mais je souhaite qu'il y ait un critère fort de qualité. Avec ce premier financement, nous souhaitons déjà pouvoir évaluer cette qualité de projet. Je pense notamment que les critères de pollution, ou d'offre de transport dans des quartiers prioritaires et de politique de la ville sont une nécessité; voilà pourquoi nous augmentons de 10% les projets qui auront comme souci de désenclaver les quartiers.


Pour toucher la subvention, les collectivités locales devront prouver qu'il y a un report modal de la voiture particulière vers les modes de transport collectif : ça concernera aussi des réseaux d'autobus qui n'ont pas forcément des projets de transport en site propre ?

Oui, cela signifie que l'on subventionne les projets qui sont les plus vertueux et dont la finalité est de favoriser le report modal. Cette nécessité de résultat est intéressante, elle va permettre aux collectivités locales de dimensionner leurs projets, de tirer les enseignements des précédents appels à projets ou des politiques de transport précédentes. Par exemple, avec du cadencement, on peut aussi arriver à de meilleurs résultats de trafic dans les bus.


Avec ce troisième appel à projets, l'Etat aura consacré 1,7 milliard d'euros pour le développement des transports collectifs de province. Le Grenelle de l'environnement prévoyait 2,5 milliards à l'horizon 2020 : l'Etat va t-il poursuivre cet effort ?

Je souhaite que nous puissions y parvenir, également via l'Agence de financement des infrastructures de transport, l'Afitf. Le transport a besoin de croissance et de compétitivité pour assurer de l'autofinancement. S'il y a par la suite de très bons projets, il n'y a pas de raison de ne pas redéployer des moyens.  Nous sommes dans les 11 premiers mois du gouvernement, nous avons été très réactifs, et d'ici cinq ans, j'espère qu'il y aura d'autres plans de transport collectif.
 

Propos recueillis par Nathalie Arensonas et Robert Viennet