En France, seulement 20% à 30% des automobilistes paient leur stationnement sur voirie, contre 90% chez notre voisin espagnol. Pour être efficace, il faudrait un contrôleur pour 200 places, expliquait il y a quelques mois à MobiliCités Serge Clemente, patron de Vinci Park, l'un des principaux concessionnaires de parkings en ouvrage en France, avec Effia (Keolis-SNCF) et le Néerlandais Q-Park.

Alors que les élus du transport viennent de gagner la bataille du Sénat avec l'adoption d'un amendement décentralisant la compétence du stationnement aux futures autorités organisatrices de mobilité durable (AOMD), avec la possibilité de moduler les prix des amendes en fonction de la taille de la ville (actuellement, l'amende relève du droit pénal, ce qui entraîne l’unicité du tarif du PV sur tout le territoire français), une étude de l'Association des maires des grandes villes de France (AMGVF) et de la Fédération nationale des métiers du stationnement (FNMS) montre que le non respect du parking payant est un problème prioritaire pour 85 % des grandes villes.

77 % des maires des villes de plus estiment que la décentralisation du stationnement payant sur voirie est la solution qui permettra de résoudre ce problème. Pour eux, l’amélioration des politiques de stationnement passe aussi par la création des parcs relais en périphérie de la ville (88 %), par des tarifications combinées à développer pour le parking et les transports publics (88 %) et par la création ou l’augmentation d’une offre d’autopartage (78 %). 
 

Un sujet électrique

L'autopartage électrique pose un autre souci: celui des bornes de recharge dans les parkings souterrains. L'exemple d'Autolib' est parlant. Une vingtaine de parcs souterrains à Paris et en proche banlieue devaient être équipés pour accueillir les voitures électriques en libre-service à partir du deuxième trimestre 2013. "C'était un engagement de Bolloré quand il a remporté le contrat avec la Ville de Paris, mais le sujet est très compliqué et le contrat avec les concessionnaires de parkings en ouvrage met des mois à être élaboré", constate Michèle Salvadoretti, directrice générale de Q-Park.
Le problème de sécurité semble inextricable, le cachier des charges se durcit : "La Commission centrale de la sécurité exige un confinement totale des stations électriques qui viendront se plugger dans les parkings, avec des fermetures coupe-feu et des sprinklers. Tout cela coûte très cher et c'est Bolloré qui doit prendre en charge ces coûts", ajoute-t-elle.

Une fois la sécurité résolue, restera le contrôle d'accès spécifique aux Autolib'. Car comment reconnaître une Bluecar d'un autre véhicule, et lui donner des moyens d'accès au parking sans ticket de stationnement payant ? Le cas parisien fera école pour le futur contrat de Lyon où Bolloré doit installer ses VE en libre-service, les BlueLy, à partir de fin 2013.

Nathalie Arensonas