Ce que l'on retient bien sûr des conclusions du rapport de la commission Mobilité 21, cet aéropoage d'experts et de parlementaires réunis autour du député PS du Calvados Philippe Duron qui ont remis leur document le 27 juin au gouvernement, c'est l'arrêt de la politique du tout TGV au profit de la rénovation des dessertes de proximité et des transports du quotidien.
-> lire l'article détaillant les projets retenus

Ce qui est passé plus inaperçu, c'est un petit chapitre, page 30 du même rapport, qui propose de "vérifier la pertinence des services ferroviaires sur les lignes les moins fréquentées". Et qui propose de transférer certains trains d'équilibre du territoire (TET) ou TER sur la route, c'est-à-dire à bord d'autocars.
Pourquoi ce transfert ? Parce que "certains services TET et TER sont confrontés à une situation de faible fréquentation qui est source de médiocrité de service et de dépenses considérables pour la collectivité", justifie Mobilité 21.
 

Le même jour, rue Cambon, les magistrats de l'argent public disaient exactement la même chose. Dans son rapport annuel sur la situation et les perspectives des finances publiques, dans un chapitre consacré aux pistes d'économies (page 193), la Cour des comptes recommande en effet de "hiérarchiser les lignes ferroviaires du réseau secondaire par ordre d'utilité décroissante, permettant à l'Etat d'engager un programme de substitution des lignes les moins fréquentées par des liaisons en autocars".
Dans , consacré à l'entretien du réseau ferroviaire national, la Cour avait déjà préconisé ce transfert train-autocar.

Le tabou est brisé. Car généralement, l'idée est malvenue, les élus ont peur de se faire épingler par leurs administrés, l'autocar étant encore vu comme un mode de transport rétrograde. "Les progrès intervenus dans la conception et l'équipement des véhicules permettent de proposer des transports adaptés, d'un bon niveau de confort et d'un coût public sensiblement plus faible", rétorque le rapport Duron
C'est sûr, entre un car climatisé, équipé de wifi, de sièges inclinables, de ceintures de sécurité... et l'autocar des Choristes, il y a un monde.


Nathalie Arensonas