L'information va soulager les constructeurs ferroviaires qui depuis deux ans, surveillent comme le lait sur le feu l'appel d'offres de la SNCF pour ses trains d'équilibre du territoire, les Corail et les Intercités.
Le 9 juillet, à l'occasion de son arbitrage sur le Schéma national d'infrastructures de transport (SNIT), Jean-Marc Ayrault devrait en effet annoncer une enveloppe de 600 millions d'euros dédiés à l'achat de nouveaux trains sur ces lignes-là.

C'est ce qu'a indiqué son ministre des Transports Frédéric Cuvillier, le 2 juillet à l'occasion d'une rencontre avec la presse spécialisée. Ce ne serait donc plus que les " 400 à 450 millions d'euros" annoncés par le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg en janvier 2013, lors de la réunion du Comité Stratégique de la filière Ferroviaire dans la région de Valenciennes où sont implantés 60% des industriels français du rail. Dont Alstom et Bombardier Transport.

Théoriquement Alstom pourrait donc écouler ses trains Regiolis, Bombardier ses Regio 2N et CAF, ses Civity. Même si certains glissent que "le fournisseur est déjà choisi". Alstom... "On a bien compris que ce n'est pas une décision d'ingénieur mais une décision politique", commente une source proche du dossier.
Pour placer ses trains à deux niveaux et occuper ses 2 000 ouvriers de l'usine de Crespin (Nord) dans les prochaines années, Bombardier espère que l'Etat délèguera sa compétence TET aux régions qui en feraient des lignes TER améliorées, équipées de matériel roulant comme son Regio 2N.


Réforme ferroviaire : embouteillage parlementaire ou embouteillage de réformes ?

Toujours lors de cette rencontre avec la presse, Frédéric Cuvillier a revu le calendrier de la réforme ferroviaire : "Notre ambition est de saisir le conseil d'Etat avant fin juillet, en vue d'inscrire le projet de loi en conseil des ministres fin août pour un dépôt devant l'Assemblée nationale à l'ouverture de la session parlementaire en septembre. Nous visons toujours une entrée en vigueur au 1er janvier 2015. Mais il y a un embouteillage législatif et réglementaire...", a-t-il observé. L'examen par le Parlement pourrait donc prendre du retard.

Un embouteillage de réformes aussi, celle des retraites et celle du rail, et le risque pour le gouvernement de provoquer deux frondes sociales simultanées. "Il ne devrait pas avoir d'interférence, s'il y en a une, c'est qu'un raccourci aura été fait entre les deux réformes qui pourtant, n'ont rien à voir", a conclu le ministre avant de filer affronter les élus d'Aquitaine, de Midi-Pyrénées ou de Bretagne, très remontés contre les conclusions de la commission Mobilité 21 sur le SNIT et le coup d'arrêt des lignes à grande vitesse.

-> Lire : "SNIT : le gouvernement doit trancher le 9 juillet"

Nathalie Arensonas