Après la restructuration du réseau en septembre 2012, place à Binbin, la petite navette de centre-ville de Douai qui porte le nom de l’un des cinq géants de la ville.
Officiellement présentée le 4 juillet 2013, lors d’une conférence de presse, cette navette fera ses premiers tours de roue le 8 juillet. Avec 14 arrêts, dont 4 en correspondance avec les lignes urbaines du réseau Evéole, Binbin devrait transporter 50 000 personnes par an. Pour cela, le syndicat mixte des transports du douaisis (SMTD) a acheté trois véhicules de 20 places qui évolueront sur un parcours de 4 kilomètres. Soit un investissement de 310 000 euros. 

"Les bus standards ne peuvent pas entrer dans le centre-ville de Douai car les rues sont très étroites. Or, il y avait des attentes fortes de la population pour desservir en transport en commun certaines administrations et les commerces", précise Bernard Burdau, directeur général de la Société des transports de l’arrondissement de Douai, la SPL en charge de la gestion d’Evéole depuis février 2013.

 

Renouveau des transports publics

Cette société publique locale est composée du syndicat mixte des transports du douaisis, de la communauté d’agglomération de Douai et de la communauté de communes de Cœur d’Ostrevent. Pour organiser les transports publics, elle dispose d’un budget annuel de fonctionnement de 23 millions d’euros. 
La navette de centre-ville s’inscrit plus largement dans un plan de développement des transports publics. En effet, avec seulement 2,5% de part de marché et cinq millions de voyages en 2012, ce mode de déplacement est à la traîne. C’est pourquoi les élus ont décidé de partir à la reconquête de la clientèle.

Objectif, retrouver le même niveau d’il y a une dizaine d’années, à savoir 4%. En septembre 2013, la livrée des véhicules, les poteaux d’arrêt, la charte graphique et la tenue des salariés font peau neuve. "Depuis 2012, nous sommes réellement dans une stratégie de rupture. Aujourd’hui notre objectif n’est pas de nous cacher, mais au contraire de nous montrer. Notre but c’est de plaire, être beau et attirer de nouveaux clients", observe le directeur général.

 

Extension du TCSP

Un diagnostic pour optimiser la desserte des communes périurbaines et des zones rurales est en cours. Ce travail mené en liaison avec le conseil général du Nord vise à développer l’intermodalité et l'intégration tarifaire. Autre projet, l’extension de la ligne de transport en commun en site propre, exploitée avec 10 bus guidés. Evoluant actuellement sur 12 kilomètres, cette ligne sera prolongée de près de 10 kilomètres au premier trimestre 2015. "La déclaration de projet vient d’être obtenue et l’offre de service pour le début des travaux sera lancée le 9 juillet", indique Bernard Burdau.

Ce projet, dont le coût est estimé à 110 millions d’euros, devrait permettre d'augmenter la fréquentation. Actuellement la ligne A totalise 25% de la fréquentation. Lorsque les extensions seront effectives, ce chiffre devrait être porté à 35%.

 

Avec ou sans Phileas

Reste à savoir quel mode sera mis en exploitation à ce moment-là. Suite aux problèmes récurrents de guidage rencontrés avec les bus Phileas fabriqués par APTS (filiale néerlandaise de VDL), le SMTD a saisi la justice et déposé quatre recours. "Pour mettre en service ces extensions, nous aurons besoin de six véhicules supplémentaires", précise le responsable. En attendant les décisions judiciaires, l’entreprise est train d’élaborer plusieurs scénario d’exploitation - avec ou sans les Phileas - et d’évaluer les conséquences en terme d’investissement et de faisabilité technique. "Nous travaillons actuellement pour s’organiser demain afin que ce TCSP fonctionne le mieux possible".

Christine Cabiron