"Tout reste ouvert : défaut d'entretien, négligence, acte de malveillance", a déclaré cette source. Elle écarte néanmoins tout lien avec le déraillement partiel d'une locomotive sur un site du groupe nucléaire Areva en Haute-Vienne, incident qui aurait été entraîné par un acte de sabotage, le même jour que le drame de Brétigny sur-Orge.

Cette source s'est également montrée plus nuancée sur la cause immédiate de l'accident que la SNCF qui, dès le lendemain du drame, privilégiait la thèse d'une défaillance matérielle d'une éclisse. "Sur le plan judiciaire, on ne sait pas encore avec certitude si cette éclisse est la cause ou une des conséquences du déraillement", a-t-elle indiqué.  

Selon la thèse avancée par la SNCF, cette pièce d'acier de dix kilos reliant deux rails s'est détachée et est venue "se loger au centre de l'aiguillage et, à cet endroit, elle a empêché le passage normal des roues du train et aurait provoqué le déraillement", a déclaré Pierre Izard, directeur général des infrastructures de la compagnie ferroviaire.
Seule certitude, cette pièce, aujourd'hui saisie, a été retrouvée endommagée, rattachée aux rails avec un seul des quatre boulons qui normalement lui permettent d'être correctement fixée.

Sur la scène du déraillement que les secours ont beaucoup piétinée, des boulons et des écrous ont été saisis et font l'objet d'examens.


Triple enquête

Trois enquêtes ont été lancées pour déterminer les causes et raisons de cet accident: l'une judiciaire sous l'autorité du parquet d'Évry et deux autres, techniques, menées par la SNCF et le Bureau enquête sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT).
 
Une enquête en flagrance des chefs d'homicide et blessures involontaires a été ouverte immédiatement après le drame par le parquet d'Evry. Elle a été confiée à la direction centrale de la police judiciaire (PJ) et la direction régionale de la PJ de Versailles.

Six personnes sont mortes dans le déraillement du train Intercités 3657, le 12 juillet en gare de Brétigny-sur-Orge. Parmi elles, deux passagers originaires du Limousin et quatre habitants de l'Essonne, qui se trouvaient sur le quai au moment du drame.
Le 19 juillet au matin, huit personnes étaient toujours hospitalisées, selon la préfecture de l'Essonne.

(AFP)