Le riche royaume saoudien veut développer et moderniser ses transports, notamment ferroviaires, à marche forcée et à coup de milliards de dollars.
Après la ligne à grande vitesse de 444 kilomètres entre Jeddah, La Mecque et Médine de plus de 6 milliards d'euros qui a échappé au tandem Alstom-SNCF pour être confiée en janvier 2012 à un consortium espagnol mené par la compagnie de chemin de fer Renfe, un projet de métro pour la capitale Riyad est aujourd'hui sur les rails.

Six lignes sur 176 kilomètres ponctuées de 87 stations prévues pour 2019 pour décongestionner la circulation de cette ville de six millions d'habitants (huit attendus en 2030), étendue sur 1 300 kilomètres carrés. Le métro desservira tous les bâtiments gouvernementaux, les grands centres commerciaux, les équipements de santé et les universités de Riyad et des environs. Il fonctionnera à hauteur de 20% à l'énergie solaire.


Les tricolores ont leur part du gateau

Cette fois, des groupes français se partagent la part du gateau. Le 29 juillet 2013, les autorités saoudiennes ont en effet annoncé le choix de trois consortiums pour ce méga-projet de 25,5 milliards de dollars (17 milliards d'euros). Le géant américain Bechtel Corp remporte le gros morceau avec la réalisation de deux lignes du métro pour 7,1 milliards d'euros. l'Allemand Siemens fait partie du consortium.

Un deuxième consortium, dirigé par la compagnie espagnole BTP-FCC et impliquant des groupes français : le constructeur ferroviaire Alstom, Freyssinet ainsi que l'ingénieriste Setec. Alstom fournira 69 rames de sa gamme de métro léger Metropolis, soit un contrat de 1,2 milliard d'euros. Elles seront assemblées dans l'usine polonaise de Katowice à partir de composants fabriqués dans les sites français.

Une ligne d'un coût de 3,9 milliards d'euros a été confiée à un troisième consortium conduit par l'Italien Ansaldo mais qui comprend entre autres le constructeur canadien Bombardier (pour 289 millions d'euros) dont de nombreux sites de production se situent en Europe (à Crespin, en France).

Le projet prévoit aussi des dessertes de bus pour connecter les arrêts du métro aux différents quartiers de Ryad. Les autorités saoudiennes ont d'ailleurs annoncé l'acquisition de plus d'un millier de bus et la RATP, via sa filiale RATP Dev est sur les rangs pour l'appel d'offres d'exploitation du réseau.

Par ailleurs, l’Arriyadh Development Authority a attribué les marchés relatifs au management de projet et la supervision de la construction de trois lignes au consortium américano-français Parsons Egis-Systra : un contrat de 425 millions d'euros dont 260 millions pour les deux ingénieristes français.

D'autres projets de transports urbains sont en cours en Arabie saoudite : quatre lignes de métro à La Mecque (12 milliards d'euros), un métro leger à Jeddah, la capitale économique du royaume (4,2 milliards d'euros?). Dans d'autres pays du Golfe, d'importants projets nourrissent les espoirs des groupes tricolores, notamment à Abou Dhabi aux Emirats arabes unis et à Doha, au Qatar.


Nathalie Arensonas