A l’avenir, la mobilité des personnes continuera d’augmenter, mais à un rythme moindre que lors des précédentes décennies, prévoit le ministère des Transports. Le trafic de voyageurs devrait progresser de 1,7% par an d’ici à 2030., dans une France beaucoup moins centralisée autour de Paris et où les besoins de déplacements entre grandes métropoles et au sein de métropoles seront plus importants.

D’où la nécessité d’améliorer et de moderniser le réseau de transport existant et de le compléter (c’est l’objet de la révision du Schéma national des infrastructures transports, le SNIT, et de l'arbitrage du premier ministre le 13 juillet).
En 2025, outre le métro automatique du Grand Paris, la liaison ferroviaire vers l'aéroport CDG Express seront enfin sur les rails à en croire le document ministériel qui prévoit qu'"une nouvelle desserte reliera directement Paris à l’aéroport de Roissy".

-> Lire : "L'avion pour financer le train CDG Express"

En province, presque toutes les métropoles seront connectées à Paris en moins de 3h30. "Reste à construire la ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse d’ici à 2025 et son prolongement jusqu'à Dax et le chaînon manquant entre Montpellier et Perpignan", indique le texte. 


Davantage d'autocars

Economies obligent, le gouvernement prévoit un recours plus important à l’autocar grâce aux effets de la nouvelle loi de décentralisation adoptée en première lecture en juillet 2013 : "Ces dispositions permettront d’ouvrir plus largement le développement du transport par car en allégeant les conditions d’autorisation d'ouverture de lignes routières". Aujourd'hui, elles ne doivent pas, par exemple, mettre en péril l'équilibre économique des lignes ferroviaires existantes.

Et le document de sept pages (qui traite aussi du transport de marchandises) d’enfoncer le clou : "Ceci permettra de développer une offre de transports collectifs sur un segment de pertinence interurbain en complément du ferroviaire et avec un maillage plus fin des liaisons interurbaines, là où le train n’est pas économiquement pertinent".

A l’horizon 2025, le réseau de transports collectifs en site propre (TCSP) devrait compter 1 800 kilomètres grâce à la réalisation de 500 kilomètres supplémentaires de tramways, téléphériques urbains, bus en site propre et/ou à haut niveau de service (BHNS) qui sont financièrement soutenus par l'Etat dans le cadre du Grenelle de l'environnement.

-> Lire l'article sur les candidatures du 3e appel à projets "Transports collectifs et mobilité durable"


Financer le TER avec le livret A

Autre point à souligner, le gouvernement socialiste n’envisage pas la libéralisation du TER - aujourd’hui monopole de la SNCF - comme une contrainte imposée par Bruxelles à partir de 2019 : selon le gouvernement, l’organisation institutionnelle doit permettre aux régions de choisir. Il conçoit l'ouverture à la concurrence des lignes régionales comme un facteur d’amélioration : "elle doit permettre de diversifier les réponses offertes aux collectivités dans un cadre équitable", peut-on lire dans le document prospectif.

Concernant le financement du TER, le gouvernement imagine de nouvelles ressources pour les régions "en leur facilitant l’accès au livret A pour financer le materiel roulant ; en créant ou en aménageant les ressources fiscales existantes ou nouvelles (versement transport, taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques, ex-TIPP) pour financer l’amélioration des dessertes régionales. Et en discutant avec les régions sur une meilleure articulation entre les Trains d'équilibre du territoire, les TER et les services en autocar".

Le document s'attarde aussi sur les transports intelligents :  "Les nouvelles technologies doivent permettre aux véhicules routiers de circuler en mode semi-automatisé, sans intervention de leurs occupants". Sans les mains, sans les pieds, sans la tête, la voiture conduit pour vous. 2025, ce n'est pas si loin que ça, dans douze ans à peine.

Marc Fressoz