SNCM, écotaxe poids lourds, réforme ferroviaire, renégociation des contrats de concessions des sociétés autoroutières, suites de la commission Mobilité 21 sur les lignes à grande vitesse... Les sujets ne manquent pas pour la rentrée du ministre des Transports.
Et certains, notamment celui de la SNCM, semblent inextricables. "Vous risquez de me voir souvent ces prochaines semaines", a lancé Frédéric Cuvillier aux journalistes réunis à 13h à l'Hotel de Roquelaure, le 28 août. Il venait d'installer le comité de pilotage du Nouveau Grand Paris avec sa ministre de tutelle, Cécile Duflot.

Interrogé sur l'enquête suite à l'accident ferroviaire de Brétigny-sur-Orge le 12 juillet, qui a causé la mort de sept personnes, il a indiqué qu'elle se poursuivait et qu'aucun élément ne pouvait encore être rendu public.
"Mais malheureusement, Brétigny nous a rappelé la nécessaire modernisation du réseau ferré français", a insisté le ministre, annonçant que le plan de modernisation des infrastructures commandé par le gouvernement en octobre 2012 à Hubert du Mesnil, alors patron de Réseau ferré de France, était sur le point de sortir.

Suite à un audit alarmant de l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) en 2005 qui préconisait des investissements massifs dans le réseau ferré français,  l’investissement avait été multiplié par deux pour atteindre 1,7 milliard d'euros par an, consacré à l'entretien des voies, sous le mandat de Nicolas Sarkozy,. "Nous allons ajouter deux milliards supplémentaires par an pour le remettre à niveau", a insisté Frédéric Cuvillier.

Nouveau calendrier pour la réforme du rail, renoncement aux dividendes SNCF


Quant au projet de loi de réforme ferroviaire, qui devait être sur le bureau du conseil des ministres fin août, "il est actuellement devant l'Autorité de la concurence et le Conseil d'Etat pour avis, et pourrait être déposé en conseil des ministres au cours du mois d'octobre". Près de deux mois après la date annoncée au début de l'été.
"Nous avons été nous aussi surpris par le calendrier de la réforme des retraites annoncé hier par le premier ministre", justifie-t-on au ministère des Transports (le dispositif doit être présenté en conseil des ministres le 18 septembre, ndlr). "Avec l'embouteillage parlementaire, le projet de loi de réforme ferroviaire ne sera pas discuté devant le Parlement avant le premier semestre 2014", a précisé Fréderic Cuvillier.

Le ministre a ensuite confirmé que l'Etat allait renoncer aux 500 millions d'euros annuels générés par les dividendes et l'impôt sur les sociétés acquittés par la SNCF, pour résorber l'endettement du système ferroviaire qui s'élève à 31,5 milliards d'euros et qui gonfle chaque année de plus de 1,5 milliard. "Il y a quelque chose qui n'a pas beaucoup de sens, c'est que l'on ait des dividendes et que l'on reçoive des impôts sur un système ferroviaire qui lui-même est lesté de 32 milliards de dettes. Donc cet effort là, nous le ferons", a-t-il conclu.