Imaginez : six millions de voitures en moins tous les jours sur les routes - notamment dans les villes - si seulement six des 28 millions de salariés avaient le réflexe bus, tram, métro, autocar, RER, TER, Transilien pour aller travailler.

On en est loin de cette utopie tirée de la dernière enquête nationale déplacements et transports (2008) puisque aujourd'hui, 73% des Français se rendent au travail en voiture. Seulement 15% prennent les transports en commun, 4% leurs deux roues, 8% environ y vont à pied.
Selon un sondage Ifop (fév 2013), près des trois quarts des salariés seraient prêts changer de travail uniquement pour réduire la durée de leur trajet : 50 minutes aller-retour en moyenne, tous les jours. Et 90 minutes pour 20% des personnes actives. C'est long...

"Voilà pourquoi pour cette 7e édition de la Journée du transport public, on s'attaque aux trajets domicile-travail", explique Jean-Pierre Farandou, président du GIE Objectif transport public (et patron de Keolis, filiale de la SNCF), l'organisateur de cette opération (1). Déclinaison nationale de la semaine européenne de la Mobilité, elle se déroule le 18 septembre dans 200 réseaux de transports collectifs . 

La veille, sur leur autoradio justement, s'ils écoutent RTL ou Fun Radio (partenaires de la journée), les automobilistes entendront des messages pour les inciter à lâcher le volant sur la route du travail. Ou bien, ils changeront de station...

Et s'ils vont poster un courrier (le chèque d'un PV par exemple) avant d'embaucher, ils verront peut-être l'une des quatre vidéos  produites par Objectif Transport Public qui tournent la voiture en dérision. Cette web série est diffusée dans les bureaux de Poste (autre partenaire de l'opération), sur Youtube et sur la de la l'événement.


2 accidents sur 3 sur la route du travail


Les arguments en faveur de l'usage des transports en commun sur la route du bureau ne manquent pas : deux accidents sur trois se produisent pour aller travailler et près de 16% des accidents mortels dans le cadre d'un trajet professionnel. Voilà pour la sécurité routière.

Le prix maintenant : les 11 kilomètres de trajet moyen entre le domicile et le lieu de travail nous coûte 3 euros par jour, contre 1 euro en transport public. Et pour les entreprises, une place de stationnement pour les salariés coûte entre 1 500 et 2 500 euros, selon les chifres avancés par le GIE.
C'est donc aussi aux employeurs que les professionnels du transport public ont choisi de s'adresser le 18 septembre avec un pour "améliorer les trajets des salariés". Les entreprises qui remboursent 50% des abonnements de transport oublic à leurs salariés et paient le versement transport (si elles comptent plus de 9 salariés et sont situées dans le périmètre de transport urbain) ne devraient pas être insensibles à l'argumentaire.
Certaines ont d'ailleurs déjà mis en place des plans de déplacements d'entreprises incitaant l'usage de modes alternatifs à la voiture : transport collectif mais aussi covoiturage, autopartage et même le vélo. Le projet d'indemnité kilométrique vélo (environ 20 centimes du kilomètre) comme cela existe en Belgique, fera t-il partie des mesures du Plan vélo relancé par le nouveau gouvernement ?


Nathalie Arensonas

(1) Le GIE réunit l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP ) qui représente les entreprises exploitantes et le Groupement des autorités responsables de transport (Gart) qui représente les élus.


"Dans les embouteillages" : l'une des vidéos de la Journée du transport public