Une croissance des effectifs comprise entre 1,5 et 3% par an d’ici 2025. Après la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV) qui estime les besoins de recrutements entre 10 et 11 000 salariés par an (essentiellement des conducteurs), pour compenser les départs naturels, une étude conduite par l’OPCA Transports (1) le confirme : le transport routier de voyageurs est un vrai gisement d’emplois.

"On anticipe pour le transport routier de voyageurs (TRV) une progression plus forte des effectifs que dans le transport de marchandises, indique en effet Valérie Castay du département des études de l’AFT IFTIM, et qui a participé aux travaux.

Plusieurs "moteurs" font avancer le TRV : "L’activité est tirée par les lignes touristiques - premier poste en volume de recrutements, les lignes interurbaines qui devraient bénéficier de la libéralisation du cabotage et des lignes interrégionales, énumère la représentante de l'organisme de formation.
Et enfin, le transport scolaire qui devrait tirer parti de l’assouplissement de la carte scolaire et de modification des rythmes scolaires".


Vers des lendemains radieux

L’étude se risque à des prédictions (p. 399 ) très précises  : les lignes régulières pourraient employer environ 75 000 personnes en 2020 contre 28 000 en 2010. Le transport interurbain exploserait : il ferait travailler 121 000 personnes à la fin de la décennie prochaine contre 47 000 aujourd’hui par exemple. Bref, des lendemains radieux.

"Je trouve cette vision un peu optimiste compte tenu de la santé des collectivités locales, tempère toutefois Bertrand Barthelemy, chargé de la commission formation à la FNTV. Rappelons que le transport de voyageurs dépend pour une part d’entre elles des contrats de délégation de service public. Un rythme d’augmentation des effectifs de 3 % était tenable avant la crise, le retrouver prendra du temps".

Quoiqu’il en soit, les entreprises autocaristes doit relever un défi : devenir attractif malgré les contraintes (amplitude des journées et temps partiel pour le transport scolaire par exemple). Sans recette miracle, l’étude énumère des pistes : permettre un CDD durant la formation, mettre en place un référent dans l’entreprise, se faire connaître auprès d’autres secteurs comme les intermittents ou les professions de l’hôtellerie et de restauration, souples sur les horaires.

En mutation, le secteur veut jouer une nouvelle carte, celle du métier service. "Conducteur de car, c’est devenu un métier de service à disposition des clients voyageurs qui veulent aller d’un point A à un point B dans les meilleurs conditions de confort face à la voiture, analyse Bertrand Barthélémy. Si elle est une nécessité, la conduite n’est plus le cœur de métier. L’essentiel c’est la relation au client. Et c’est ce modèle là qu’il faut présenter à Pôle emploi sans occulter les contraintes", conclut-il

Marc Fressoz

(1) Contrat d'Etudes Prospectives (CEP) des Transports: routiers, maritimes et fluviaux. L’étude a été réalisée par plusieurs partenaires : Centre d’études et de recherches sur les qualifications (céreq), département études transport & logistique de l’AFT‐IFIM, cabinet de conseil NESTEAR, COPE 13 et département sciences sociales et de gestion de l’École des Mines de Nantes