Au moment de la présentation du projet de loi le 16 octobre en conseil des ministres, une centaine de cheminots ont déployé sur les grilles du siège du Parti socialiste rue de Solférino à Paris, une grande banderole proclamant : "SUD Rail ne vous laissera pas casser la SNCF".
Auparavant, plusieurs centaines de militants SUD Rail, tous vêtus d'un gilet orange avec l'inscription "la SNCF n'est pas à vendre", s'étaient rassemblés devant le ministère des Transports où une délégation a été reçue.

"On a demandé le retrait de la loi. Cette loi va saucissonner la SNCF en trois morceaux", a expliqué à l'AFP Fabien Villedieu. "Ils ne sont pas prêts à réécrire leur copie", a cependant annoncé aux militants un autre délégué, Guy Rymarczyk, à sa sortie du ministère. "Une seule chose reste à faire aujourd'hui. Des rassemblements il y en a un peu partout, mais cela ne suffira pas. Il va falloir poser la question de la grève reconductible avec les autres organisations syndicales", a-t-il ajouté.

La fédération CGT des cheminots estime elle aussi que le gouvernement "doit changer de voie" et regrette dans un communiqué "un renoncement sur la plupart de ses engagements et un ralliement aux thèses libérales européennes". "A ce stade de l'analyse du projet de loi, l'harmonisation sociale annoncée par les dirigeants de la SNCF risque de se traduire par la régression et la remise en cause des droits et des conditions de travail des cheminots", déplore le syndicat.

Même constat pour la CFDT, qui indique dans un communiqué que "de fortes inquiétudes apparaissent sur la mise en place d'un cadre social homogène, pour l'ensemble des cheminots". Enfin, pour l'Unsa-Cheminots, "en l'état actuel du projet, cela fait craindre l'éclatement de la SNCF et de sa réglementation sociale".

Quinze vice-présidents de régions ont également protesté contre ce texte, estimant dans un communiqué que le projet "n'est pas à la hauteur des défis à relever". Ils réclament "une réforme ferroviaire plus ambitieuse" et ont fait une série de propositions sur la gouvernance et le financement du ferroviaire.

Le projet de loi a été validé par le Conseil d'État mais a fait l'objet d'un recadrage de l'Autorité de la concurrence (lire). Le vote au Parlement devrait avoir lieu après les municipales de mars 2014, a annoncé la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, à la sortie du conseil des ministres.

N.A (avec AFP)