Si une nouvelle ligne entre Lyon et Barcelone vient d'ouvrir, et si Paris-Londres ne désemplit pas, la SNCF va toutefois baisser a voilure, a confié Barbara Dalibard, la patronne de SNCF-Voyages.com lors d'un séminaire de presse mi-octobre 2013, car le trafic n'est pas au rendez-vous sur les autres lignes, et les taux de remplissage pas à la hauteur des ambitions du groupe ferroviaire.

"360 000 voyageurs sont montés à bord de nos iDBUS, près du quart sont des nouveaux clients de l'autocar, et si le taux de satisfaction est élevé, il n'est pas à la hauteur des performances économiques", a t-elle glissé.
La filiale iDBUS fait face à des "pertes importantes" en année 1 (le service a été lancé en juillet 2012 pour les JO de Londres) : 14 millions d'euros selon une source proche du dossier, un chiffre non confirmé par la direction de la SNCF.

Jusqu'à quand la SNCF pourra t-elle tenir ? "Nous avons décidé de concentrer les iDBUS sur les dessertes où la demande est forte, nous ne fermons pas de lignes, mais nous ajustons les fréquences et allons revoir le canal de distribution car clairement, sncf-voyages.com (1ère agence de voyage en ligne en France, ndlr) n'est pas le site de l'autocar", indique Barbara Dalibard.

"La filiale low cost d'Air France, Transavia, a mis dix ans avant d'atteindre l'équilibre", compare t-elle. Faudra-t-il aussi dix ans à la SNCF pour atteindre ce point d'équilibre avec ses autocars ? La dérégulation du marché des lignes interrégionales - sans contrainte de cabotage - sera peut-être la roue de secours des iDBUS.

Nathalie Arensonas