"Pour calculer le taux de CO2 émis par une voiture, on ne prend en compte que le carburant utilisé pour un trajet, depuis la pompe à essence jusqu'au point de destination. Pour les autobus et les autocars, on prend en compte le carburant consommé depuis les cuves de gasoil dans les entreprises de transport ou depuis la pompe, jusqu'au point d'arrivée : c'est très différent, non ?", soulève Michel Seyt, le président de la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV) qui représente les entreprises de transport scolaire et interurbain par autocar.

Ces critères différents d'un mode à l'autre "défavorisent fortement les transports collectifs" qui, depuis le 1er octobre 2013 doivent afficher les taux de CO2 à bord des véhicules ou aux arrêts.

Mi-Juillet, nous avons interpellé le ministère à ce propos, il attend nos propositions pour des méthodes de calcul spécifiques à l'autocar", ajoute Michel Seyt. En attendant, la FNTV n'incite pas ses adhérents à faire de l'affichage de CO2, "rien n'est dit dans l'arrêté d'avril 2012 sur les pénalités en cas de non affichage (...) Nous préférons les inciter à signer la charte d'engagement volontaire '', ajoute Michel Seyt

Cet arrêté paru suite au de l'article 228 de la loi Grenelle 2 précisait la date d’entrée en vigueur de l’obligation d’affichage du CO2 pour les transporteurs de voyageurs et la méthode pour estimer ces émissions (voir l'encadré).

"Sur le principe, la FNTV a raison mais face à la voiture, le bus ou l'autocar sort toujours gagnant : quand la voiture émet en moyenne 250 grammes de CO2 par kilomètre (sur la base de deux voyageurs par voiture), le bus en émet de 171 à 130 grammes par voyageur-kilomètre", indique-t-on à l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP).

L'UTP qui représente les entreprises de transport urbain a élaboré une méthode de calcul des émissions de CO2 par voyageur-kimomètre : un tableur dans lequel le transporteur entre sa consommation de carburant, le nombre de voyageurs transportés pour obtenir les émissions à afficher. "Nous avons défini nos moyennes, on s'est battu pour que le ministère accepte le principe d'une moyenne par voyageur-km et cela a été validé par l'Ademe et la DGITM (Direction générale des infrastructures et de la mer, ndlr), ajoute l'UTP.

Nathalie Arensonas