En ouvrant le salon InnoTrans 2010 le 21 septembre 2010, le plus important rendez-vous du secteur ferroviaire avec ses 100 000 visiteurs à Berlin, son directeur a résumé la tendance: "Des milliards d'investissements dans les chemins de fer ont été annoncés. Depuis le dernier salon en 2008, il y a eu la crise mondiale. Ces milliards ont parfois été reportés, mais ils n'ont pas été supprimés !"

Le marché de la construction ferroviaire a plutôt bien résisté à la crise même si le rythme des commandes a ralenti, notamment à cause du fret fortement impacté par la récession.  Et l'argent promis pour les infrastructures par les divers plans de relance n'a pas été disponible et dépensé, comme tend à la démontrer la récente étude de l'Observatoire des infrastructures de transport publié par le Think tank TDIE (suivre ce lien pour en savoir +).


Vrai rebond du rail attendu en 2015

Selon les chiffres de l'association européenne du rail, , le chiffre d'affaires du marché de la construction ferroviaire est passé de 86 milliards d'euros entre 2005-2007 à 99 milliards en 2008-2010, et devrait rester à ce niveau jusqu'en 2013 à cause du report actuel des commandes.
Le vrai rebond est attendu dans cinq ans, avec un marché estimé à 111 milliards d'euros pour les années 2015-2017, selon l'Unife.

Ces chiffres traduisent donc une certaine solidité du marché que les constructeurs expliquent par la tendance actuelle des décideurs à tenter de lutter contre la congestion urbaine, à répondre aux besoins de déplacements rapides, et désengorger les corridors de fret.

Au delà des débouchés historiques européens, et même nord-américains où les projets ferroviaires du président Obama sont encore un peu flous, ce sont les "primo-accédants" que convoitent les fabricants de trains, de locomotives et de tramways : l'Algérie, l'Argentine, les pays du Golfe, Israël, le Maroc et l'Inde.

La Russie, avec une commande de 20 000 locomotives en vingt ans - soit 1 000 par an - fait aussi saliver les constructeurs. Et bien sûr, l'énorme marché chinois, dangereux à pénétrer sans se faire voler la technologie, mais où Bombardier suivis de tous les autres marchands de trains tentent une percée.

Nathalie Arensonas (avec AFP)