"Nous savons que l’ensemble des réseaux ne pourra pas être accessible à tous en 2015. Il nous faudra donc des délais supplémentaires avant l’avènement de l’accessibilité totale".

C’est par cet amer constat que s’est ouverte la table ronde consacrée au sujet, le premier jour des Rencontres nationales du transport public organisées du 27 au 29 novembre à Bordeaux. 

On est loin de l'affirmation de Claire-Lise Campion, rédactrice d'un rapport sur le sujet remis au premier ministre en mars 2013, dans laquelle la sénatrice de l'Essonne s'affichait en gardienne du calendrier : interrogée sur la possibilité d'un report de cette date butoir pour les transporteurs de voyageurs avait répondu la sénatrice de l'Essonne avait répondu à MobiliCités que "2015 était une échéance non négociable".

Pourtant, les chiffres parlent d'eux-mêmes : en 2012, seuls 66% des Schémas directeurs d’accessibilité des services de transports étaient en place. Pour Alain Rochon, le président de l’Association des paralysés de France (APF), "ça n’est pas justifiable. Ça fait maintenant dix ans que cette loi a été votée. Nous ne pouvons pas accepter une fois encore que l’objectif de l’accessibilité soit reporté. Il faut respecter la parole donnée".

D'autant que certains cas sont prometteurs : à La Rochelle, par exemple, le réseau de transport est presque accessible à 100% aux personnes à mobilité réduite. Et certaines villes (Cholet, Châteauroux, par exemple) ont réussi rendre leurs transports nettement plus accessibles aussi.

Reste que l'accessibilité pour tous ne sera pas au rendez-vous à la date fixée par la loi. Pour Patrick Toulmet, conseiller régional d'Ile-de-France et ambassadeur accessibilité à la RATP, "il faut que les élus prennent le sujet à bras le corps. C'est une question de volonté politique".

A.Ch.