C'est la première concrétisation de la promesse faite le 9 juillet 2013 par Jean-Marc Ayrault de renouveler l'intégralité des trains d'équilibre du territoire (TET) entre 2015 et 2025 sur les lignes intercités. 
Car sur ces lignes circulent des trains Corail qui, pour certains, ont atteint l'âge vénérable de 30 voire 40 ans. C'est dire l'urgence de les renouveler. D'autant que, comme l'a rappelé le patron de la SNCF, ce réseau de 38 lignes transporte plus de 100 000 personnes chaque jour. Pas si loin des 300 000 du champion TGV.


Aller vite

Pour aller plus vite, cette première phase de renouvellement n'a pas donné lieu à un appel d'offres. Le gouvernement et la SNCF ont préféré lever une option sur le contrat cadre de 1000 regiolis conclu en 2009 avec Alstom pour le compte des régions.

"Une solution qui nous permet de gagner un an et demi par rapport à un appel d'offres", a indiqué Guillaume Pepy qui alerte depuis des mois le gouvernement sur la nécessité d'aller vite. Cette accélération a été rendue possible parce que les trains sont conçus sur une plateforme commune issue de la gamme Alstom Coradia.
Sur le Coradia Liner, le modèle commandé pour les TET, seul l'aménagement intérieur variera, avec des sièges plus confortables compte tenu de la longueur des trajets, plus de sièges pour la première classe (15%) et une plateforme séparée de la salle par des baies vitrées.

 

Un appel d'offres de 1,5 miliard en 2015

Ce contrat de 510 millions d'euros avec une option de 100 millions d'euros porte sur l'achat de 34 rames et "la construction ou l'adaptation de nouveaux centres de maintenance", a indiqué Frédéric Cuvillier. Ils seront financés par l'Agence de financement des infrastructures de transport de France (Afitf) qui a encore des ressources, malgré la supension de l'écotaxe.
Ces rames devraient être livrées fin 2015, année où la deuxième phase de renouvellement sera engagée avec le lancement d'un appel d'offres, cette fois. Au total, le montant de cette opération s'élévera à 1,5 milliard d'euros.

Ces 34 rames doivent équiper les cinq lignes les plus malades du réseau : trois interrégionales (Bordeaux-Nantes, Nantes-Lyon, Bourges-Montluçon), et deux radiales (Paris-Amiens-Boulogne et Paris-Troyes-Belfort).

 

Mieux optimiser TER et TET

A la conférence de presse qui a suivi la signature du contrat, Frédéric Cuvillier a indiqué que l'Etat qui est depuis 2011 autorité organisatrice des TET réfléchissait avec la SNCF à l'évolution du système : "Nous voulons donner plus de cohérence au réseau TET, réfléchir à de nouvelles lignes pour l'adapter à la demande et mieux l'articuler avec les réseaux TER".

L'idée de confier à la région picarde la gestion des lignes TET, évoquée en novembre 2012, n'est pas abandonnée. "Nous travaillons toujours au lancement d'une expérimentation. Ce qui est important pour nous, c'est la qualité de desserte et le service rendu aux populations", a commenté Frédéric Cuvillier. La convention TET entre l'Etat et la SNCF arrive à échéance fin 2014.

 

Robert Viennet