En "agissant massivement par la grève", "les cheminots ont clairement exigé" un "changement de cap", a souligné la CGT, premier syndicat de l'entreprise publique, dans un communiqué.
L'appel lancé aux 150 000 salariés de la SNCF par la CGT, l'Unsa et SUD Rail, rejoints par FO et FiRST (non représentatifs), a cependant été moins suivi que le 13 juin. Cette fois, la CFDT, quatrième syndicat, ne s'était pas associée au mouvement.

Selon la direction, 23,7% du personnel ont débrayé (42,4% des agents de conduite et 47,5% des contrôleurs).
Pour sa part, la CGT comptabilisait 33% de grévistes, toutes catégories confondues, et 50% chez les agents de terrain (accueil en gare, conducteurs, contrôleurs...).
Les taux accusent un "recul significatif" par rapport à juin, a observé auprès de l'AFP François Nogué, directeur général délégué chargé de la cohésion et des ressources humaines du groupe SNCF.

Le précédent mouvement du 13 juin avait mobilisé en moyenne 33,2% des cheminots (68,6% des agents de conduite et 70,4% des contrôleurs), selon les chiffres de la direction, 47,3% selon la CGT.


Appel à la reconductibilté 

Pour SUD-Rail, "les cheminots ont clairement lancé un ultimatum". Le syndicat appelle maintenant les autres organisations à "construire dans l'unité un mouvement reconductible". Ce qui est aujourd'hui exclu pour l'Unsa, a indiqué son secrétaire général Marc Baucher qui compte pousser des amendements à l'Assemblée nationale et au Sénat pour modifier le projet de loi.

"Notre entreprise est malade et la réforme du gouvernement ne va rien améliorer", a déclaré l'un de ses représentants Guy Rymarczyk devant la gare de Brétigny-sur-Orge (Essonne), où environ 80 cheminots s'étaient rassemblés, cinq mois après le déraillement du 12 juillet 2013 qui a fait sept morts.


Trafic "conforme" aux prévisions

Plus limitées qu'en juin, les perturbations du 12 décembre ont tout de même entraîné un lot de désagréments pour des milliers de voyageurs, qui ont dû reporter leur voyage ou prévoir des temps de transport plus longs.   
Selon la SNCF, "le service garanti" annoncé a été "tenu conformément aux prévisions", soit sept trains sur dix sur les grandes lignes (six sur dix pour les TGV).
En moyenne, six TER sur 10 circulaient et un Intercités sur deux, avec de grandes disparités selon les régions.
 
En Ile-de-France, la situation était compliquée sur les lignes C, D et E du RER, avec 1 train sur 2. Seule la ligne A fonctionnant normalement. Le RER B était le plus affecté avec seulement une liaison sur quatre assurée dans sa portion Nord. Gare du Nord, où l'interconnexion RATP-SNCF n'était pas assurée, les trains étaient bondés.

(avec AFP)