Pour son dernier Noël à la tête de la RATP (son mandat arrive à échéance mi-2014), le pdg Pierre Mongin aura été à la "fête". Le premier jour des départs en vacances de fin d'année, plusieurs lignes du métro parisien ont été paralysées pendant trois heures vendredi 20 décembre, à la suite d'une alerte à l'amiante dans le centre de commandement qui gère ces lignes. 
La veille, il avait réuni près de 700 personnes - salariés et élus locaux -, au siège de la Régie quai de la Rapée, pour féliciter ses troupes des "succès 2013".

"Un déploiement exceptionnel de tramways" (T7, T5, deux trams en Algérie à Oran et Constantine, un en Chine en joint venture avec Transdev), 100 lignes de bus remises à plat en Ile-de-France, la rénovation du viaduc de la ligne 5 du métro parisien, le prolongement de la ligne 4 vers Montrouge et "on creuse vers Bagneux", le renouvellement du contrat d’exploitation et de maintenance de Séoul, a égréné Pierre Mongin.

Mais c’est au Maghreb que les succès de la RATP sont les plus patents puisqu’à peine le tramway de Casablanca lancé sur ses rails il y a tout juste un an, le Français a mis en service coup sur coup ceux d'Oran et de Constantine mi-2013.
"Je reviens d’Alger avec Jean-Marc Ayrault et je peux vous dire que notre développement ne fait que commencer en Algérie, s’est gargarisé Pierre Mongin. Je n’ai rien signé, mais le premier ministre algérien m’a assuré que tous les nouveaux tramways seront opérés par la RATP".
Soit 12 projets de tramways pour la joint venture Setram qui regroupe RATP Dev et des entreprises publiques algériennes (1 300 salariés). "Après trois trams, on ne va pas s'arrêter là", a lancé jeudi soir le président du groupe avant d'inviter ses invités à entamer les petits fours.


Pour "une contribution active dans le Grand Paris"

Dans le périmètre d'action historique de la RATP, à Paris et sa banlieue, Pierre Mongin s'est montré tout aussi offensif, félicitant un autre Pierre - Verzat, patron de la filiale d'ingénierie Systra, filiale RATP-SNCF - pour les récents appels d'offres remportés sur les lignes 15, 15 et 17 du futur métro du Grand Paris, le Grand Paris Express (GPE).

"On a gagné 65% des appels d'offres en ingéniérie, nous voulons notre contribution active dans le Grand Paris, et en tant que gestionnaire d'infrastructures des métros d'Ile-de-France, nous allons étudier avec la Société du Grand Paris, les conditions de mise en place de la future infrastructure du GPE", a expliqué le patron du groupe. Tout en respectant le règles d'indépendance : "Les conditions d'action du gestionnaire d'infrastructures unifié sont totalement indépendantes de l'exploitation, grâce à une séparation de l'Epic, avec un patron commun mais une comptabilité distincte", a-il insisté.

C'est tout de même la RATP, en tant que gestionnaire d'infrastructures qui préparera les cahiers des charges des futurs marchés d'exploitation des lignes de ce supermétro. Et sur ce terrain aussi, la RATP veut sa part du gâteau,
"Mais le Grand Paris c'est encore loin, contrairement à ce que disent certains de nos concurrents", juge Pierre Mongin. Allusion aux propos de Jean-Pierre Farandou en octobre 2013 : pour le président de Keolis, filaile de la SNCF, "Le grand Paris, ce n'est pas si loin que ça". Pour Pierre Mongin, l'horizon est plus lointain.

Nathalie Arensonas