Le scrutin régional du 21 mars aura-t-il raison du projet de tram-train de l'île de La Réunion ? Après la défaite de Paul Vergès (PCR), Didier Robert, le nouveau président UMP du conseil régional qui avait mené campagne contre le tram-train , affirme avoir obtenu du premier ministre François Fillon l’annulation du projet lancé par son prédécesseur communiste.
Le nouvel élu a annoncé que les 435 millions d’euros de crédits promis par l’État pour le projet initial seraient réaffectés à la réalisation d’une nouvelle route du littoral reliant le nord et l’ouest de l’île.

Un montage financier incertain

Le tram-train de la Réunion devrait permettre, lui aussi, de traverser et desservir l’île du nord à l’ouest sur une quarantaine de kilomètres. Un accord avait été trouvé le 2 décembre 2009 entre la région et le groupement d'entreprises Tram’Tiss qui regroupe Colas, Veolia Transport, Bouygues et Bombardier. Le contrat de partenariat, d’une durée de 45 ans, prévoit le versement d’un loyer annuel de 100 millions d’euros versés par la région au groupement.
Le coût total du projet est estimé à 1,6 milliards d’euros. Ne parvenant pas à boucler le budget, le conseil régional avait obtenu un délai de six mois pour trouver les fonds nécessaires.

200 millions de sanctions en cas d'abandon

"Le contrat de partenariat liant notre société à la région pour 45 ans a été conclu le 2 décembre 2009 et il est exécutoire", écrit le président de Tram'Tiss Inouk Moncorgé, dans un courrier du 13 avril 2010 adressé au président de la collectivité et dont l'AFP a obtenu copie. L'abandon constituerait une "résilitation pure et simple du contrat", exposant la région à des sanctions financières, menace-t-il.
Selon une source proche du dossier, le groupement envisagerait de réclamer 200 millions d'euros à la région, au titre du manque à gagner. Cette somme représenterait entre 10 et 15% de l'investissement (1,6 milliard d'euros) ou 5% de la totalité du marché (plus de 4 milliards d'euros sur 45 ans).
Le président de Tram'Tiss a rappelé dans son courrier que le projet du tram-train a reçu le "soutien écrit" du gouvernement et qu'il est prêt a examiner avec la région des "ajustements" qu'elle pourrait souhaiter.