L’ex-ministre de l’Ecologie a affiné le 7 janvier devant la presse ses propositions en matière de déplacement pour améliorer la qualité de l’air dans Paris. Première d’entre elles, la mise en place des ZAPA, ces Zones d’action prioritaire pour la qualité de l’air prévues par le Grenelle.

"Nous souhaitons interdire de façon progressive les camions mais aussi les autocars de tourisme polluants de ces zones", indique-t-elle. Concrètement, les véhicules à moteur Euro 0 à Euro 4 seraient interdits d’ici 2017. A partir de 2020, ce serait au tour des Euro5 d’être proscrits. Précision, selon Airparif, 60% des poids lourds sont déjà équipés en Euro 5.


Chasse au mauvais diesel

Cette chasse au mauvais diesel, la candidate entend la transformer en chasse au diesel tout court dans la flotte municipale (véhicules des services, bennes à ordure): "Je souhaite que d’ici 2020 la ville n’achète plus un seul véhicule diesel et privilégie systématiquement l’électrique et les modes non polluants". En 2010, la part des véhicules fonctionnant au gazole ou diester atteint 42% selon l’équipe de la candidate UMP contre 30% quatre ans plus tôt.

Quid des bus de la RATP ? L’ex-ministre se garde de tomber dans le piège de la promesse irréaliste d’un verdissement du parc, tout en souhaitant que le Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif) agisse "peu à peu". Début décembre 2013, le vice-président EELV de l'autorité organisatrice des transports, Pierre Serne, avait évoqué une sortie progressive du diesel au bénéfice... du biogaz, de l'hybride et de l'électrique.

Pour inciter les commerçants à passer à la livraison alternative (hybride, électrique etc), la candidate et son équipe prévoient que la ville mette au pot : "Nous doublerons l’actuel bonus écologique en attribuant 6 300 euros aux artisans dont le siège social est à Paris pour qu’ils achètent des utilitaires légers électrique", détaille Yann Wherling, ex Vert, ex Modem qui a rallié la candidate UMP.


300 millions pour faire de la petite ceinture une piste cyclable

Une belle intention qui va coûter cher. Comment la financer ? NKM prévoit d’utiliser les 18 millions d’euros estimés de recettes de la taxe poids lourds – une mesure qu’elle ne renie pas contrairement à nombre d’élus de l’ancienne majorité qui l’ont votée – qui sera en principe prélevée sur le Périphérique parisien. Dans ce cas, la taxe dans les caisses du département.  

Concernant les modes doux, un peu désarmée face au succès du Velib’, NKM est contrainte de développer une promesse spectaculaire pour développer encore la pratique du vélo : il s’agit de transformer les 43 kilomètres de l’ancienne Petite Ceinture ferroviaire en pistes cyclables. Mais comment y accéder alors que cette emprise ferroviaire urbaine est soit en tranchée soit en hauteur ? "En créant des passerelles d’accès, répond la candidate. La Petite Ceinture serait utile aux trajets à vélo de longue distance dans un lieu plus sûr par rapport à la circulation automobile".

La proposition apparaîtra peut-être comme un luxe en temps de crise, NKM estimant la transformation de la Petite Ceinture à 300 millions d’euros, en dehors du coût d’acquisition du foncier auprès des Réseau ferré de France".

Signalons par ailleurs que le programme de NKM envoie un pavé dans la mare de l'équipe Delanoë, mais aussi de la RATP. Il insiste sur le besoin d’informer mieux et d’agir sur la qualité de l’air dans le métro, le niveau de particules fines étant "catastrophique" selon elle.

Et de signaler que des tests effectués il y a quelques semaines par la RATP sont particulièrement alarmistes : 320 µg/m3 à Chatelet, 645 µg m3 à Auber, 234 µg/m3 à Franklin Roosevelt quand la norme européenne limite est de 50 microgramme de particules par jour. Pas de quoi donner envie de prendre le métro, sauf en apnée…

Marc Fressoz