Cette fois, ça semble parti. Née des Assises du ferroviaire en 2012, l'idée d'un super organisme de promotion de la filière ferroviaire française inspiré du Gifas (Groupement des industries françaises de l'aéronautique), a eu quelques retards à l'allumage.

Tout d'abord quelques difficultés à se trouver un chef de file : Patrick Kron, pdg d'Alstom, avait été désigné président de Fer de France avant de démissionner mi-2013 suite à des désaccords avec son homologue de la SNCF Guillaume Pepy. Il a été remplacé en septembre par le patron de la RATP Pierre Mongin.

Le nouveau délégué général Alain Bullot, directeur du matériel à la SNCF et ancien chef de projet du TGV Brésil (aujourd'hui au point mort) a enfin une feuille de route.


"Ça dépote"

"Aujourd'hui, il n'y a qu'un seul homme à la barre, et ça dépote, juge un proche du dossier. Maintenant, tout dépend de la volonté des grands patrons de la filière à faire avancer les choses. Toute la difficulté de l'exercice est de ne pas écraser les potentiels des uns et des autres à l'export", ajoute cette même source.

Réunis en conseil d'administration le 22 janvier, les principaux acteurs du secteur réunis dans ce "Gifas" du rail (entreprises ferroviaires, gestionnaires d'infrastructures, industriels, Etat, autorités organisatrices de transport, fedérations professionnelles et ingéniéristes (1) ont justement arrêté la décision d'"aider les industriels, les opérateurs et les ingénieries à accroître la performance de la filière à l'exportation". 

Concrètement, Fer de France a passé un accord avec UbiFrance et au prochain salon Innotrans de Berlin (en septembre 2014), la filière s'engage à montrer un visage commun. Les champions accepteront-ils de ne plus jouer cavalier seul à l'export ?

Caressée par le gouvernement, l'idée d'organiser une version française d'Innotrans, le salon mondial du ferroviaire - un mastodonte qui attire 125 000 visiteurs professionnels une fois tous les deux ans dans la capitale allemande et où se signent des milliards d'euros de contrats - a été abandonnée, au profit d'une présence au , du 10 au 12 juin à Paris. "Nous aurons un stand fixe ou bien un stand dématérialisé et nous participerons au Forum de l'emploi", indique-t-on chez Fer de France.

"Il n'y a pas une école nationale des métiers du ferroviaire en France, dans un premier temps, il s'agit d'uniformiser et de labeliser toutes les formations ferroviaires françaises", explique Xavier Letty, directeur de cabinet de Pierre Mongin, nouveau président de Fer de France.

Autre axe de travail, et non des moindres, "améliorer la visibilité des plans de charge qui sont la clef des emplois de la filière" qui représente 300 000 emplois dans l'Hexagone. "Combien de tramways, de métros, de trains ? Il s'agit d'anticiper, de lisser les commandes, et déviter les à coups après avoir laissé les constructeurs à sec", explique Xavier Letty. Vaste programme.

Nathalie Arensonas

(1) Alstom, RATP, SNCF, RFF, Syntec-Ingénierie, Eurotunnel, Fédération des industries ferroviaires, Union des transports publics et ferroviaires, Groupement des autorités responsables de transport, Association des régions de France.