Exit la vieille rivalité entre Arc Express, la rocade ferroviaire de proche banlieue portée par la Région Ile-de-France et le grand Huit défendu par le gouvernement dans la loi du Grand Paris. Ce conflit "est une fiction", a même osé Christian Blanc, lors d'une table ronde organisée à l'Assemblée nationale, le 29 septembre 2010.

L'organisateur de cette rencontre, le député-maire du Val d'Oise Yannick Patternotte, avait réussi l'exploit de réunir autour de la même table l'ancien et le nouveau ministre chargé du Grand Paris, Christian Blanc et Michel Mercier. 
Tout cela, à la veille de l'ouverture des deux débats publics sur les deux réseaux de transport concurrents du Grand Paris  (lire notre précédent article sur ce sujet).

"J'appelle de mes vœux un projet où personne ne perde la face, a lancé Michel Mercier. J'espère bien qu'au bout du débat, nous parviendrons à un accord avec les collectivités locales, avec un engagement de l'Etat et des collectivités ensemble pour le quotidien et pour l'avenir".

"Deux projets complémentaires"

L'Etat et la région vont "s'engager grosso modo, sur quelque 30 milliards d'euros sur les années qui viennent", entre le "grand métro" et le "quotidien" (amélioration des RER, prolongement des lignes de métro, etc.), a souligné le ministre en charge du Grand Paris. Et dans la loi de finances rectificative, l'Etat s'engage à hauteur de 4 milliards d'euros, "je ne doute pas que la dotation de la Région sera à la même hauteur", a prédit Michel Mercier.  

"Il y a largement la place pour que les collectivités locales et l'Etat travaillent ensemble", sur ces deux projets "complémentaires, 80% de l'un est contenu dans l'autre" a-t-il dit.

De son côté, André Santini, président du conseil de surveillance de la Société du Grand Paris (maître d'œuvre de la "double boucle") a affirmé : "nous n'avons pas les moyens de payer deux réseaux (...) Il faut que l'on aboutisse au maximum de synthèse".

Pour le président de la RATP Pierre Mongin, "il ne faut pas opposer les projets les uns aux autres". "Tôt ou tard, il va falloir que les deux projets se rejoignent". Bref, une nouvelle union sacrée autour des deux projets qui ont faity l'objet d'une bataille enragée au moment de la discussion de la loi sur le Garnd Paris, au printemps 2010.

Nathalie Arensonas

 

Les photos de la première réunion commune du débat public (le 30 septembre 2010 au palais des Congrès à Paris), sur les deux projets "concurrents-complémentaires" : la double boucle de métro automatique et la rocade automatique Arc Express (©Christophe Recoura)